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Arsenal de Metz, festival « Je t’aime… Ich auch nicht »

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Metz. Arsenal. 9-XI-2013. Franz Schubert (1797-1828) : « Der Fisherweise », « Im Frühling », « Heidenröslein », « Du bist die Ruh », « Der Musensohn ». Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder : « Der Engel », « Stehe still », « Im Treibhaus », « Schmerzen », « Träume ». Richard Wagner/Franz Liszt (1811-1886) : Isolden’s Liebestod, pour piano seul. Charles Gounod (1818-1893) : « Aimons-nous », « Donne-moi cette fleur », « Crépuscule », « Le vallon » ; Claude Debussy (1862-1918) : « La mer est plus belle », « Les cloches », « Fleurs des blés », « Le jet d’eau ». Avec : Nathalie Stutzmann, contralto ; Inger Södergren, piano.

Nathalie-Stutzmann-2_cop-Simon-Fowler-_Deutsche-GrammophonLa cinquième édition du festival « Je t’aime… Ich auch nicht », manifestation destinée à l’exploration de l’imbrication des cultures française et allemande, était consacrée cette année au thème : « Le cas Wagner et le wagnérisme en France ». Le programme concocté pour le récital de et d’, avec Schubert parmi les précurseurs, Gounod le presque exact contemporain et Debussy le continuateur mais aussi le réformateur, était donc axé autour de cette thématique.

Schubert n’est peut-être pas le compositeur qui sied le plus au contralto sombre et profond de Stutzmann, même si le public de l’Arsenal a gardé en mémoire sa belle lecture du Winterreise. En tout cas, les pièces au caractère joyeux, léger et primesautier comme « Fischerweise », « Im Frühling » et « Der Musensohn » ont quelque peu déçu, sans doute en partie à cause du piano trop présent d’, qui tend parfois à couvrir la voix. En revanche, le dramatisme d’un « Heidenröslein » plus inquiétant qu’à l’accoutumée, ainsi que la sérénité apaisée d’un « Du bist die Ruh » d’anthologie, étaient autrement plus convaincants. Comme on pouvait s’y attendre, le clou de la soirée a été les Wesendonck Lieder de Wagner, dont la sensualité forte et troublante convient comme un gant aux moirures chatoyantes du timbre de Stutzmann, d’une beauté toujours aussi sidérante dans le haut médium et dans les pianissimi. Il est vrai aussi que la voix de la contralto française se prête particulièrement au climat lourd et étouffant de « Im Treibhaus », de même qu’à la vision onirique de « Träume ».

En début de deuxième partie, la transcription par Liszt de la « Mort d’Isolde » permit à Inger Södergren de libérer son piano ample, large et généreux. De même, la voix de Stutzmann, parfaitement « chauffée », sut se plier aux belles courbes des mélodies de Gounod, d’une fraîcheur et d’une mélancolie toute françaises. Les pièces de Debussy, données en fin de programme, semblaient parfaitement choisies pour illustrer l’influence du wagnérisme sur la musique française.

Un programme parfaitement équilibré donc, idéalement servi par deux artistes talentueuses au service d’un projet artistique riche et convaincant.

Crédit photographique :  © Simon-Fowler/Deutsche Grammophon

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Metz. Arsenal. 9-XI-2013. Franz Schubert (1797-1828) : « Der Fisherweise », « Im Frühling », « Heidenröslein », « Du bist die Ruh », « Der Musensohn ». Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder : « Der Engel », « Stehe still », « Im Treibhaus », « Schmerzen », « Träume ». Richard Wagner/Franz Liszt (1811-1886) : Isolden’s Liebestod, pour piano seul. Charles Gounod (1818-1893) : « Aimons-nous », « Donne-moi cette fleur », « Crépuscule », « Le vallon » ; Claude Debussy (1862-1918) : « La mer est plus belle », « Les cloches », « Fleurs des blés », « Le jet d’eau ». Avec : Nathalie Stutzmann, contralto ; Inger Södergren, piano.

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