Lang Lang révélé avec Rattle-Berlin

À emporter, CD, Musique symphonique

Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano n°3 en do majeur op. 26 ; Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano n°2, SZ 95, BB 101. Lang Lang, piano. Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Sir Simon Rattle.1 CD Sony Classical. Code barre : 8 88837 32252 2. Livret trilingue (anglais, allemand, français). Enregistré en février et avril 2013 à la Philharmonie de Berlin. Durée totale : 60’32 ».

 

lang-lang-prokofiev-bartokLe dernier enregistrement de nous présente deux concertos qu’il a largement étrennés de par le monde. Au moment de les graver, on peut dire qu’il s’est choisi des partenaires de choix en la personne de Sir et de son prestigieux Philharmonique de Berlin. L’affiche en soi fait rêver, et l’on imagine en plus des conditions d’enregistrement assez idéales.

De fait, la qualité de l’interprétation générale est de tout premier ordre, notamment grâce aux pupitres des bois du Philharmonique, tout simplement formidables. La partie d’orchestre est rendue en outre avec un luxe de détails, dont certains que nous découvrons à notre grand étonnement, et avec un évident plaisir.

Dans le détail, et avec en tête la version de référence gravée par le tandem Argerich – Abbado, certes déjà ancienne, on dira que l’interprétation du Concerto de Prokofiev se situe au même niveau d’excellence, tout en se distinguant par l’ajout de ralentis (dont un notamment assez brutal dans le deuxième mouvement) qui accentuent le côté romantique de certains passages. Pour surprenantes qu’elles puissent paraître de prime abord, ces intentions ponctuelles restent cependant dans l’esprit de l’oeuvre, volontiers ambivalent.

Quant au Concerto de Bartók, dans lequel nous avions eu l’occasion d’écouter le pianiste l’an passé à Pleyel, et qui nous avait inspiré quelques doutes, on peut dire que fait ici largement amende honorable. La clé de ce changement salutaire tient sans doute dans le commentaire de repris dans le livret : « Pour l’enregistrement Bartók, j’ai pris la direction des séances, car ce que l’orchestre fait avec le piano compte beaucoup. » Le résultat est optimal, et si la liberté du pianiste est bridée, il se révèle par des détails d’articulation, de phrasé, qui prouvent sa pleine possession de cette partition exigeante, et nous révèlent sa personnalité d’interprète.

Jetant un voile pudique sur la présentation, un rien immodeste et kitsch, on classera volontiers cet enregistrement parmi les très bonnes interprétations de ces deux oeuvres.

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