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Le chant de l’âme, deux jeunes talents révélés

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Le Chant de l’âme – dialogues avec le ciel. Maurice Ravel (1875-1937) : Kaddish ; Joseph Achron (1886-1943) : Mélodie hébraïque ; Marc Lavry (1903-1967) : Trois danses juives op.192 ; Paul Ben-Haïm (1897-1984) : Sonate en sol majeur op.44 ; Ernest Bloch (1880-1959) : Baal Shem ; Vincent Thévenaz : improvisations. Bianca Favez, violon ; Vincent Thévenaz, orgue. 1 CD autorpoduit. Enregistré entre le 21 et le 25 août au Temps du Château-d’Oex (Suisse, canton de Vaud). Durée : 62′

 

LeChantDeLAmeDans la pléthore de production de disques due aux petits labels indépendants, à la durée de vie parfois éphémère, on peut y trouver une pépite. Ce présent enregistrement, consacré aux musiques d’inspiration juives pour violon, en fait partie.

Tout d’abord le choix du répertoire. Avec Kaddish de et Baal Shem d’ comme « oeuvres obligées » les interprètes ont fait le choix de compositeurs moins connus, tels , compositeur russe, un court temps artiste officiel de la toute nouvelle Union soviétique qu’il quitte en 1925 pour les Etats-Unis où il se lie d’amitié avec Arnold Schoenberg ; Marc Lavry et Paul Ben-Haïm, installés en Palestine (alors anglaise) dès 1936 et considéré comme les premiers compositeurs israéliens.  Si l’ensemble de ces oeuvres se nourrit de chants traditionnels juifs d’Europe centrale, on ne trouve pas un folklore dénaturé mais de véritables chefs d’oeuvres – notamment la Sonate en sol majeur pour violon seul de Paul Ben-Haïm, synthèse entre l’écriture virtuose post-romantique et l’inspiration populaire.

Ensuite les interprètes, sans coup férir deux révélations magistrales. A l’orgue réalise des arrangements admirables de l’accompagnement des oeuvres de Ravel, Achron et Bloch, prévues à l’origine pour piano ou orchestre. Les choix des jeux et registrations est fait avec finesse, l’instrument n’est jamais massif ou imposant, au contraire, on découve ici que l’orgue peut se faire rythmique et percussif. Un petit plus non négligeable : trois improvisations viennent s’intercaler dans l’enregistrement, mettant en valeur les talents de l’organiste. Au violon , formée au CNSMDP et au Conservatoire de Genève, réussit le tour de force de ne jamais tomber dans la caricature d’un violon pseudo-yiddish, piège facile dans ce répertoire. La violoniste sait varier les sonorités selon les oeuvres – début rauque et voilé dans Kaddish, jeu brillant et extraverti dans Ben-Haïm –  et démontre par sa virtuosité et sa justesse exemplaire la maîtrise de son instrument.

Un répertoire original, des arrangements à l’orgue exemplaires, deux jeunes talents, mais cela ne suffit pas pour convaincre une maison de disque. Cet enregistrement magistral à tout points de vue ne bénéficie que d’une distribution très limitée, uniquement par souscription via lechantdelame@gmail.com.

 

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