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Saraste dirige Mozart et Bruckner avec succès à Cologne

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Cologne. Philharmonie. 30-XI-2013. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, K.364 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°3 en ré mineur WAB 103 (1876–77); José Maria Blumenschein, violon ; Junichiro Murakami, alto. WDR Sinfonieorchester Köln, direction : Jukka-Pekka Saraste.

JPS-WDR-Thomas-KostDirecteur musical du WDR-Sinfonieorchester Köln depuis 2010, Jukka-Pekka Saraste peut s’enorgueillir d’exécuter son art dans une salle de concert de premier ordre. Le dimensionnement généreux de la Philharmonie de Cologne s’apprécie autant à l’intérieur de la salle que dans ses coursives. L’ensemble des lieux offre aux spectateurs une expérience très agréable, où l’on ne craint ni bousculade au vestiaire, ni embouteillage aux sanitaires. Sa salle d’une capacité de deux-mille fauteuils réussit même l’exploit de parvenir à nous laisser oublier sa taille pour qu’on n’en retienne au final qu’une ambiance feutrée, une impression de convivialité.  Ce ressenti est principalement induit par les matériaux chaleureux et brillants qui mettent en valeur ses espaces. Cependant, toute médaille à son revers, et chaque visiteur qui a arpenté les abords de la Philharmonie a pu s’étonner de constater  que  la place surplombant la salle de concert (qui est construite en sous-sol) est régulièrement interdite d’accès aux piétons. Cela s’explique par les nuisances acoustiques qui surviennent au cœur de la salle lorsque les piétons circulent en surface et font entrer le complexe de sol en vibration. Le phénomène n’avait malheureusement pas été anticipé par les concepteurs des lieux…

Heureusement,  ce soir, il n’y avait aucune nuisance à constater. Il s’agissait  plutôt d’apprécier la célèbre Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart. Dès les premières mesures, l’orchestre dévoile un son robuste, charpenté, avec des graves très présents. Le déploiement tout en largeur de l’orchestre sur la scène permet une écoute très précise des pupitres de cordes. Cette forte impression d’image « stéréo » était encore renforcée par une disposition classique des violons,  avec les premiers violons déployés à la gauche du chef d’orchestre au devant de la scène, tandis que les seconds violons leur font face au côté droit. Jukka Pekka Saraste s’amuse beaucoup avec la partition de Mozart, en soulignant sa fraicheur naturelle au travers d’une rythmique pointue. répond habilement aux appels de Jukka Pekka Saraste en déployant un jeu espiègle et allant de l’avant. reste malheureusement le plus souvent à l’extérieur de ce terrain de jeu en cherchant à intérioriser chaque phrasé. C’est assez regrettable car, au- delà de ce constat, il s’agit de souligner la capacité des artistes à attaquer, respirer véritablement ensemble. Notons que c’est dans l’Andante qu’ils unissent au mieux leurs chants.

Des multiples moutures qui existent de la Symphonie n°3 de Bruckner, c’est la troisième révision de 1877 qui a été retenue par le directeur musical de l’orchestre, soit la version d’origine épurée de ses citations les plus franches à l’œuvre de Wagner et raccourcie à une petite heure de musique.  Jukka Pekka Saraste se montre remarquablement à l’aise dans cet univers complexe. La répétition des longs motifs, typiques de l’écriture du compositeur se fait ici sans monotonie, portée par des tempi de bon aloi. Cette lecture en parvient même à faire rentrer dans les rangs les troublants effets d’écho dans la conclusion du mouvement final, c’est dire!  Les cuivres de l’orchestre sont rutilants, dominés par d’excellents cornistes et trombonistes. Les bois sont moins charmeurs, lésés par un premier hautbois à la sonorité souvent serrée. Les évocations d’un bal dans le dernier mouvement sont remarquables de par la qualité d’écoute mutuelle que les pupitres s’accordent encore à l’issue d’une œuvre passionnante mais ô combien physiquement éprouvante pour les musiciens. Le propos reste pourtant précis et jubilatoire tout le long de la partition, tandis que l’énergie ne faiblit jamais.

Crédit photographique : Jukka-Pekka Saraste © Thomas-KostJ. Henry Fair J. Henry Fair

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Cologne. Philharmonie. 30-XI-2013. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, K.364 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°3 en ré mineur WAB 103 (1876–77); José Maria Blumenschein, violon ; Junichiro Murakami, alto. WDR Sinfonieorchester Köln, direction : Jukka-Pekka Saraste.

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