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Jukka-Pekka Saraste débute à Lyon

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Lyon. Auditorium de Lyon. 14-XII-2013. Kaija Saariaho (née en 1952) : Leinolaulut ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op.77 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : l’Oiseau de feu (ballet intégral). Vadim Gluzman, violon ; Anu Komsi, soprano ; Orchestre national de Lyon, direction : Jukka-Pekka Saraste.

JPS-WDR-Thomas-KostL’ aime les chefs  et cheffes finlandai(se)s, après Hannu Lintu et en attentant Osmo Vänskä puis Susanna Mälkki, c’est au tour de de se produire au pupitre de l’orchestre de la capitale des Gaules.

est bien connu en France, le public a pu l’entendre à la tête des orchestres de Toulouse, de Paris, du National de France et du Philharmonique de Radio-France, dont il est un invité régulier. On n’oublie pas qu’il est aussi un grand interprète de la musique française dont les disques Debussy (Virgin-Warner) et Dutilleux (Warner) sont des classiques de la discographie.

Pour ses débuts avec la phalange lyonnaise, il offrait un programme de démonstration qui culminait dans une fabuleuse lecture du ballet intégral l’Oiseau de feu. Le geste du chef se faisait chorégraphique mettant l’accent sur la narration d’une histoire racontée par les milles couleurs des pupitres de l’orchestre.  L’ y atteignait un niveau superlatif autant en homogénéité que dans ses individualités (les bois étaient miraculeux : Jocelyn Aubrun à la flûte, Jérôme Guichard au hautbois, Robert Bianciotto à la clarinette et Olivier Massot au basson). Dès lors le chef peut se permettre de jouer sur la palette des nuances et sur les dynamiques avec une « Danse infernale du roi Kastcheï et de ses sujets » et une « Allégresse générale » foncièrement géniales en termes : de précision, de puissance et de gestion des explosions orchestrales. Mais l’, c’est une identité sonore française, devenue hélas trop rare par les temps qui courent : des cordes aérées, des bois légers et raffinés, des cuivres clairs mais jamais vulgaires et des percussions qui apportent la « french touch » quand il le faut.  Jukka-Pekka Saraste se plaisait à jouer de ces timbres au service de sa vision poétique et dansée du célèbre ballet.

Dans le Concerto pour violon de Brahms, on pouvait également savourer cette esthétique sonore hexagonale dans les déploiements des cordes et dans leur limpidité d’articulation. Nous l’avons déjà souligné dans ces lignes : est l’un des plus grands violonistes de la scène actuelle : son Brahms est un modèle de grande classe  et d’engagement musical dont la maîtrise technique  appuie une qualité de son peu commune. On se souviendra longtemps du superbe dialogue du soliste avec les bois de l’orchestre dans « l’Adagio ».

Jukka-Pekka Saraste est un ardent défenseur de la musique de notre temps et il avait tenu à programmer une pièce de sa compatriote (et francophile) : . De courte durée, le cycle de quatre mélodies Leinolaulut (sur des poèmes du finnois Eino Leino). Comme souvent avec Saariaho on retrouve une économie d’effets au service d’une inventivité instrumentale suggestive et émouvante dans  laquelle vient se fondre la voix miraculeuse de la soprano , la créatrice de cette partition très raffinée et qui s’imposait comme une belle porte d’entrée à ce généreux programme acclamé par un public très nombreux.

Crédit photographique : Jukka-Pekka Saraste © Thomas-KostJ. Henry Fair J. Henry Fair

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Lyon. Auditorium de Lyon. 14-XII-2013. Kaija Saariaho (née en 1952) : Leinolaulut ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op.77 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : l’Oiseau de feu (ballet intégral). Vadim Gluzman, violon ; Anu Komsi, soprano ; Orchestre national de Lyon, direction : Jukka-Pekka Saraste.

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