Danse , La Scène, Spectacles divers

Robot de Blanca Li : un corps technologique et ludique

Plus de détails

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 23-XII-2013. Chorégraphie et direction artistique : Blanca Li ; musiques : Tao Gutierrez, Maywa Denki ; automates musicaux : Maywa Denki ; scénographie : Pierre Attrait ; lumières : Jacques Chatelet ; vidéo : Charles Carcopino ; animateur robots : Thomas Pachoud.

Robot 1Robot ! est une création de la chorégraphe ibérique , déjà présenté dans le cadre du Festival Montpellier Danse 2013, et qui est représenté sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées pour ces fêtes de fin d’année.

Le propos est de mettre en scène l’interaction entre l’homme, la machine et le robot humanoïde. Ce travail fait succéder la technologisation du corps humain (en mettant en lumière son aspect mécanique par des surimpressions vidéos de son fonctionnement sur le corps d’un danseur immobile), à son aspect mécanique quand ses gestes sont répétitifs (ou exécutés en groupe, ce qui n’est pas sans provoquer un effet hypnotisant), à l’anthropomorphisme des automates (qui reproduisent les gestes humains) et des robots humanoïdes. Le dialogue avec ces derniers (il s’agit d’un robot de petite taille, baptisé NAO), d’abord initié par le danseur, devient la manière par laquelle le robot lui-même finit par s’exprimer, comme si le spectacle présentait une frise chronologique d’autonomisation de l’être humain qui finalement aboutit à l’avènement d’une robotisation remplaçant un humain plus tout à fait aussi capable d’exprimer les sentiments autrement que par le truchement de cet intermédiaire.

Robot !
En-dehors de ces quelques réflexions de fond que suscite ce travail, il est intéressant de constater combien le public devient acteur lui-même, instrument manipulé à son insu quand il se met à réagir à ce que suscitent les automates, les robots (tout du moins quand la réaction fait suite à un sentiment projeté sur l’objet-automate ou l’objet-robot).

La représentation d’une heure trente se laisse doucement glisser dans un assoupissement qui ne provoque rien d’autre que l’endormissement des consciences : avec les armes de l’humour (et des moments de sourire bien sympathiques par ailleurs), l’exploration des liens entre hommes désincarnés et machines humanisés proposée par et ses huit danseurs n’est pas sans être un réel questionnement qui contraste avec la candeur des habituels spectacles des fêtes de fin d’année. A voir, donc.

Crédit photographique : © Magali Bragard

Plus de détails

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 23-XII-2013. Chorégraphie et direction artistique : Blanca Li ; musiques : Tao Gutierrez, Maywa Denki ; automates musicaux : Maywa Denki ; scénographie : Pierre Attrait ; lumières : Jacques Chatelet ; vidéo : Charles Carcopino ; animateur robots : Thomas Pachoud.

Mots-clefs de cet article

Resmusica-bannière-01

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.