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Reprise attendue de La Pietra del Paragone au théâtre du Châtelet

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Paris. Théâtre du Châtelet. 20-I-2014. Gioachino Rossini (1792-1868) La pietra del paragone, melodramma giocoso en deux actes sur un livret de Luigi Romanelli. Mise en scène, scénographie et vidéo : Pierrick Sorin et Giorgio Barberio Corsetti. Costumes et collaboration aux décors : Cristian Taraborelli. Lumières : Gianluca Cappelletti. Avec : Teresa Iervolino, Clarice ; Simon Lim, Asdrubale ; Krystian Adam, Giocondo ; Bruno Taddia, Macrobio ; Davide Luciano, Pacuvio ; Raquel Camarinha, Fulvia ; Mariangela Sicilia, Aspasia ; Biagio Pizzuti, Fabrizio. Ensemble Matheus. Chœur de l’Armée française (chef de chœur : Aurore Tillac). Direction : Jean-Christophe Spinosi

pietra1On retrouve avec grand plaisir cette production de La Pietra del paragone déjà donnée en ces  mêmes lieux en 2007, qui a également fait l’objet de la parution d’un CD. Pour qui l’aurait quand même manquée, on tentera de mettre en mots le tour de force de cette mise en scène, par ailleurs difficilement descriptible.

En bas de scène, sur fond bleu, des maquettes miniatures représentant les différents lieux de l’action sont filmées et diffusées sur six écrans situés un peu plus haut. Au premier plan, les protagonistes sont captés en temps réel, et leurs images s’incrustent sur les écrans, solution géniale au problème des changements de décor. L’ensemble est de surcroît truffé de gags visuels très bien amenés, en fonction des accessoires mis en surimpression. On ajoute à cela des personnages tout de bleus vêtus, et de ce fait invisibles, qui font virevolter crêpes et balles de tennis, et un majordome muet aussi maladroit qu’hilarant. L’ambiance est sixties, vintage, avec des costumes aux codes couleurs (flashies) aisément compréhensibles. C’est difficile à décrire, et même à imaginer, mais c’est tellement éclatant à regarder !

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La distribution est jeune, prometteuse, qui a fait ses preuves rossiniennes dans des théâtres réputés. Elle n’a peut-être pas encore le niveau des grandes scènes internationales, mais distille un énorme plaisir. On retiendra en particulier la Clarice de , magnifique ronde digne d’un magazine glamour, mezzo à la voix chaude, d’une grande présence scénique, et le ténor précis et timbré de , tous deux très à l’aise dans les roulades rossiniennes. Les deux barytons comiques, et , sont tout à fait dans leur élément, avec des jeux de scène et des mimique en gros plan absolument irrésistibles ( fait penser par son physique et ses expressions au Deschien François Morel) et une belle maîtrise du chant syllabique à grande vitesse, même si leur chant n’est pas toujours exempt de scories.  en Asdrubale et en Aspasia sont plus que corrects, sans déclencher un enthousiasme démesuré. La seule déception provient de , Fulvia pointue et sans étoffe vocale.

Sous la baguette de , l’ confond un peu trop souvent virtuosité et brutalité. Lors des saluts, le maestro a rendu hommage à l’immense chef rossinien Claudio Abbado, décédé le matin même.

Crédit photographique : © Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

Vidéo de présentation de la production :

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Paris. Théâtre du Châtelet. 20-I-2014. Gioachino Rossini (1792-1868) La pietra del paragone, melodramma giocoso en deux actes sur un livret de Luigi Romanelli. Mise en scène, scénographie et vidéo : Pierrick Sorin et Giorgio Barberio Corsetti. Costumes et collaboration aux décors : Cristian Taraborelli. Lumières : Gianluca Cappelletti. Avec : Teresa Iervolino, Clarice ; Simon Lim, Asdrubale ; Krystian Adam, Giocondo ; Bruno Taddia, Macrobio ; Davide Luciano, Pacuvio ; Raquel Camarinha, Fulvia ; Mariangela Sicilia, Aspasia ; Biagio Pizzuti, Fabrizio. Ensemble Matheus. Chœur de l’Armée française (chef de chœur : Aurore Tillac). Direction : Jean-Christophe Spinosi

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