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Mikko Franck, entre économie de moyens et démesure

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Paris. Salle Pleyel. 24-01-2014. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Pierrot Lunaire ; Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan ; Danses des sept voiles, fragment symphonique extrait de Salome. Barbara Sukowa, récitante. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Mikko Franck

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Le jeune chef finlandais , qui va prendre la relève de Myun-Whun Chung à la tête du Philharmonique de Radio-France l’an prochain, s’offrait un petit tour du (futur) propriétaire autour d’un programme malicieux et on ne peut plus contrasté, entre économie de moyens et démesure. Dans un chaos de pupitres et de chaises, il nous donnait ainsi tout d’abord le Pierrot Lunaire de Schoenberg, entouré des solistes de l’orchestre et de , artiste au talent protéiforme, récemment vue au cinéma dans le rôle-titre du Hannah Arendt de Margarethe von Trotta.

Au fil de cette oeuvre difficile et géniale, les musiciens sont révélés idéaux, étant très à l’écoute les uns des autres en même temps qu’attentifs à la direction du chef. Il n’y a pas de secret ! De son côté, la récitante optait pour une vision plus intimiste, moins hallucinée sans doute que de coutume, ce qui se traduisait par un sprechgesang davantage parlé que chanté. Le pari était périlleux ; de fait, la voix de la récitante était ponctuellement couverte par l’ensemble, cependant que l’on goûtait à des moments de pur raffinement, notamment dans les mélodies Ein blasse Wäscherin et Der Kranke Mond, où sa diction délicate s’entremêlait délicieusement aux arabesques de la flûte.

Après la pause, c’est l’orchestre au grand complet qui prenait possession du plateau pour deux oeuvres de : son fameux poème symphonique Don Juan d’après Lenau, suivi de la Danse des sept voiles, extraite de l’opéra Salome. Autant dire, un virage à quatre-vingt-dix degrés. Le Philharmonique, en grande forme, interprétait ces deux oeuvres avec virtuosité et précision, sous la direction attentive de , qui accentuait légèrement les contrastes agogiques. Au milieu de cette phalange d’exception, le premier hautbois tirait largement son épingle du jeu, comme pour se venger de ne pas avoir été convié dans le Pierrot Lunaire.
Une double ovation, du public aux musiciens et des musiciens au chef, ponctuait ce concert, qui laisse présager une belle collaboration à venir.

Crédit photographique : © Heiki Tuuli

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Paris. Salle Pleyel. 24-01-2014. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Pierrot Lunaire ; Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan ; Danses des sept voiles, fragment symphonique extrait de Salome. Barbara Sukowa, récitante. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Mikko Franck

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