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Beethoven à Séoul

À emporter, CD, Musique symphonique

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n° 5 en mi bémol majeur, op. 73 « L’Empereur » ; Symphonie n° 5 en do mineur, op. 67. Sunwook Kim, piano ; Orchestre philharmonique de Séoul, dir. Myung-Whun Chung. 1 CD Deutsche Grammophon. Réf. : 481 031-2, code barre : 0 028948 103126. Enregistré au Seoul Arts Center, les 17 et 18 janvier 2013. Notice : anglais, français, allemand, coréen. Durée : 66’59

 

dgg chung seoul beethovenOn aurait pu légitimement  craindre qu’un tel programme ne débouche sur une énième redite, stérile  et vaine. Rien de tel ! Au contraire, cette réalisation flamboyante provoque un enthousiasme aussi intense qu’inattendu. Beethoven défendu au mieux par des forces coréennes parfaitement en phase avec le monde beethovénien tel qu’on l’a magistralement illustré la période précédant l’invasion de la mode baroque. Le Maître de Bonn bénéficie-t-il pour autant d’une interprétation originale, novatrice, inédite ? Non ! Et, c’est justement ce positionnement « traditionnel » qui confère à ce témoignage tout son intérêt. Cela prouve qu’il ne faut pas nourrir de complexe à l’idée d’interpréter un compositeur ou une œuvre sans idée systématique d’originalité. L’adhésion  à ce simple principe conduirait à réduire de manière drastique la quantité de gravures inutiles, encombrantes et stéréotypées. La Symphonie n° 5 avec son thème archiconnu du destin frappant à la porte mais aussi son dynamique Scherzo et son Andante recueilli, nous charme une nouvelle fois après tant de déceptions. Tout comme elle, l’indémodable et profondément romantique Concerto pour piano n°5 dit « L’Empereur », nous plonge dans l’univers intimidant du « Grand sourd ». L’Adagio intensément mélancolique, rêveur, aux prolongements métaphysiques, à l’instar du mouvement lent de la Symphonie n° 9 avec chœur, stimulera les meilleures pages des  post-romantiques germaniques.

Tout cela nous est offert par l’, belle phalange placée sous l’autorité concentrée  de , dont la majeure partie de l’immense carrière se déroule, on le sait,  en Occident,  en France essentiellement. Pour défendre le Cinquième Concerto, DG a fait appel à un jeune pianiste, , né en 1988, dont la maturité et l’assurance ne laissent pas d’étonner. Sur son sillage surgissent les plus délicates nuances, les phrasés les plus travaillés, les sonorités les mieux adaptées. Un programme magnifique, volontairement frappé par les stigmates précieux d’une fabuleuse lignée d’interprètes qui assurèrent les délices des auditeurs ravis et avides de succomber devant les grandes masses orchestrales.

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