Angoissant Turn of the Screw à Tours

La Scène, Opéra, Opéras

Tours, Grand-Théâtre. 14-III-2014. Benjamin Britten (1913-1976) : The Turn of the Screw, opéra en un prologue et deux actes sur un livret de Myfanwy Piper. Mise en scène et décors : Dominique Pitoiset. Costumes : Nathalie Prats. Lumières : Christophe Pitoiset. Ave : Samuel Mallet, Miles ; Louise Van der Mee, Flora ; Isabelle Cals, la Gouvernante ; Hanna Schaer, Mrs Grose ; Cécile Perrin, Miss Jessel ; Jean-Francis Monvoisin, le Narrateur / Peter Quint. Orchestre symphonique région Centre-Tours, direction : Ariane Matiakh

tour2Pour seulement trois représentations – mais dans un théâtre rempli ce soir de première – l’Opéra de Tours présentait The Turn of the Screw de dans une production venue de l’Opéra national de Bordeaux et mis en scène par l’ancien directeur du CDN d’Aquitaine .

L’action, censée se passer dans l’Angleterre victorienne, est transposée dans un décor sobre et cosy des années 60, avec meubles au design de cette époque. , respectueux du texte et de l’esprit de l’œuvre, entretient l’ambiguïté entre les personnages. Peter Quint et Miss Jessel sont-ils le fruit de l’esprit dérangé de la Gouvernante ? Miss Jessel attendait-elle un enfant de Quint ? Le renvoi de Miles serait-il dû à la perversité sexuelle que Quint encourageait ? Sa mort est-elle naturelle ou est-il étouffé par la Gouvernante prise de visions ? Le metteur en scène cultive le mystère propre au texte original d’Henry James et à son adaptation lyrique par Myfanwy Piper et . Les acteurs, adultes comme enfants, sont dirigés de main de maître. Quand le théâtre entre de plein-pied à l’opéra, cela ne peut générer que des chefs d’œuvre.

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La distribution n’est pas en reste. et , venus de la Maîtrise du CRR de Tours, se jouent des difficultés de la partition et se déplacent avec aisance sur scène. , après quelques duretés dans l’aigu lors de sa première scène, se libère véritablement par la suite et domine le plateau. À ses côtés, ne fait qu’une bouchée du rôle de Mrs Grose – qu’elle a chanté plus de 70 fois ! – sans un accroc dans la voix, quasiment inchangée après presque 50 ans de carrière. est sous-dimensionnée en Miss Jessel, rôle trop court pour la soprano dramatique qu’elle est – quand une autre scène que Bordeaux se décidera-t-elle à lui confier un emploi à sa mesure ? appelle quelques réserves. L’incarnation du personnage est parfaite, si le timbre n’est pas des plus beaux il correspond bien au maléfique Peter Quint. Mais la voix donne au cours de la représentation des signes de fatigues, s’engorge et détonne.

L’orchestre – tout juste 13 instrumentistes – est mené de main de maître par , qui maîtrise la partition avec excellence. Les interludes (d’écriture sérielle) s’enchaînent avec naturel aux passages plus lyriques. Au cours de la représentation le son se fait de plus en plus ample et homogène. Exigence sur scène, exigence dans la fosse, le seul chemin qui puisse mener à une soirée couronnée de succès.

Crédit photographique : (Mrs Grose), (La Gouvernante) ; (Peter Quint), (Miles), (Flora) et (Miss Jessel) © François Berthon

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