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Orchestre de chambre de Paris : les deux Poèmes de Chausson

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 19-III-2014. Ernest Chausson (1855-1899) : Poème de l’amour et de la mer op.19 ; Poème op.25 ; Niccolò Paganini (1782-1840) : I Palpiti op. 13 ; Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n° 2 en ut majeur op. 61. Ann Hallenberg, mezzo-soprano ; Laurent Korcia, violon ; Orchestre de Chambre de Paris, direction : Jean-Jacques Kantorow.

Ann Hallenberg © ArtefactOn n’entend pas assez souvent Chausson pour se plaindre que ses deux Poèmes donnent de lui une image incomplète, trop suave pour ainsi dire. Les interprétations de ce concert ne manquaient d’ailleurs pas de motifs de satisfaction. Avant tout sur le plan de l’équilibre sonore : le violon comme la voix, peu puissants mais tous deux bien projetés, n’avaient pas à forcer pour se faire entendre. Certes, la douceur des violons confinait à la pâleur, mais l’impression restait bonne, avec de beaux violoncelles, des bois solides et peu de problèmes de justesse.

Pour la poésie si singulière de Chausson, seul semblait véritablement la rechercher. Avec succès sans doute, mais aussi par des phrasés truffés d’artifices et une sonorité blanchâtre peu séduisante, sans compter qu’un accident matériel nous priva des magiques notes finales du Poème. , pour sa part, s’appliquait à très bien chanter, à prononcer correctement et même à exprimer quelque sentiment, mais elle semblait rester à la surface du Poème de l’amour et de la mer. Malgré les qualités de la direction de , on ne pouvait s’empêcher de penser que cette œuvre ne donnait pas toute sa mesure.

On peut aimer la virtuosité pure des Palpiti de Paganini. Il faut surtout qu’elle soit impeccablement réussie, ce qui n’était pas le cas ce soir. La seconde Symphonie de Schumann fut en revanche d’un vif intérêt. L’orchestre avait gagné en fermeté et en cohérence pour cette seconde partie : les cordes sonnaient plus nettes, les cuivres précis et sans balourdise. Est-ce l’influence de Thomas Zehetmair, chef principal depuis la saison dernière, qui leur permettait cette aisance dans un langage romantique encore imprégné de classicisme ? Schumann parlait d’ailleurs de cette symphonie comme de sa « Jupiter ». la dirigea avec cohérence et beaucoup de naturel. Peut-être les interventions solistes dans le tendre Adagio manquaient-elles encore de moelleux, mais le Scherzo, pris à un tempo raisonnablement rapide, ne sonnait ni lourd ni savonné.

©  Artefact Artists Management

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 19-III-2014. Ernest Chausson (1855-1899) : Poème de l’amour et de la mer op.19 ; Poème op.25 ; Niccolò Paganini (1782-1840) : I Palpiti op. 13 ; Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n° 2 en ut majeur op. 61. Ann Hallenberg, mezzo-soprano ; Laurent Korcia, violon ; Orchestre de Chambre de Paris, direction : Jean-Jacques Kantorow.

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