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Yo-Yo Ma et Kathryn Stott en récital au Festival de Pâques

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Festival de Pâques. Aix en Provence. Grand Théâtre de Provence. 21-IV-2014. Igor Stravinsky (1882-1971): Suite italienne pour violoncelle et piano. Heitor Villa-Lobos (1887-1959) : Alma Brasileira. Ástor Piazzolla (1921-1992) : Oblivion. Camargo Guarnieri (1907-1993) : Dansa Negra. Manuel de Falla (1876-1946) : Sept chansons populaires espagnoles, G.40. Olivier Messiaen (1908-1992) : Louange à l’Éternité de Jésus (extrait du Quatuor pour la fin du temps). Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n°3 en ré mineur, op.108. Yo-Yo Ma, violoncelle. Kathryn Stott, piano

Festival de Paques 2014. Aix en Provence. 21/04/2014. Photo Caro

La venue de au festival d’Aix en Provence a crée l’évènement en ce Lundi 21 Avril : ce fut l’affluence des grands jours pour entendre cet artiste charismatique dont les apparitions en France se font rares. Accompagné de sa fidèle pianiste, , il nous a offert un récital éclectique, représentatif du répertoire qu’il aborde depuis de nombreuses années.

Dès la Suite Italienne de Stravinsky, (dont le thème, extrait de son ballet Pulcinella, est inspiré de la musique de Pergolèse) on a pu se rendre compte des grandes dispositions de nos deux musiciens tellement leur plaisir de jouer et de partager est palpable. Le violoncelle se joue de la moindre difficulté technique et excelle dans les nuances les plus subtiles (quel legato pianissimo joué soutenu !) pour restituer avec raffinement une émotion réelle. Bien plus qu’un simple accompagnement, le piano reste en embuscade, toujours prêt à porter plus loin le discours.
Changement d’époque et de continent avec l’Alma Brasileira de Villa- Lobos. Avec sobriété, le violoncelle transcende l’instant tandis que le clavier atteint un équilibre sonore probant. Dans le célèbre Oblivion de Piazolla, on a connu une ligne mélodique plus ample côté cordes, un piano moins monochrome, mais l’intensité d’ensemble ne faiblit pas. Les pièces inspirées de la musique populaire sont alors enchainées sans interruption pour le plus grand bonheur d’un public sur le point d’entamer un pas de danse. Le duo s’en donne à cœur joie que ce soit à travers le rythme entêtant de la Danza Negra de ou les flamboyantes Sept chansons populaires espagnoles de . Regards complices entre nos compères. Chaque tableau met en scène un instant de vie dans un panel coloré très fluide.

Au retour de l’entracte, prend le micro et dans un français impeccable, dédie le concert au regretté Etienne Vatelot, luthier de renommée internationale, dont l’épouse se trouve dans le public. Puis s’élève La Louange à l’Éternité de Jésus de Messiaen extraite du Quatuor pour la fin du temps. Ecrite pendant la Seconde Guerre mondiale alors que Messiaen était détenu, cette pièce instaure avec ferveur une atmosphère planante où toute sa part d’indicible nous transporte hors du temps. Les yeux clos, le violoncelliste semble transcendé. Un final magnifique restait à venir avec la Sonate en ré mineur de Brahms. Ecrite à l’origine pour violon et piano, la transcription proposée met en lumière des plages passionnées mais aussi introspectives. Si Yo-Yo Ma ne lésine pas sur un rubato prononcé, montre une réelle affinité avec l’écriture Brahmsienne. Plus au fond du clavier, portée par un son davantage renouvelé, elle donne une belle réplique au soliste américain, habité par cette musique.
Trois bis concluent en beauté ce récital de haut vol. Le premier, Salut d’amour d’Elgar, est de la même veine que le précédent morceau. Puis, nous sommes comme invités dans le salon privé des musiciens avec l’irrésistible Cristal de Cesar Camargo Mariano. Avec décontraction, tous deux partagent la même partition. Enfin, une nouvelle dimension émotionnelle est atteinte avec un sublime Cygne, extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns.

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