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Premier grand récital parisien de Sabine Devieilhe

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Paris. Salle Gaveau. 29-IV-2014. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : airs et pièces instrumentales tirées d’Anacréon, Acanthe et Céphise, Les Paladins, Zoroastre, Les Indes Galantes, Platée. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour violon en ré majeur « Grosso Mogul » RV 208 ; Laudate pueri, Dominum RV 601 ; Concerto pour flautino en do majeur RV 443 ; In furore iutissimae irae RV 626 (extrait). Sabine Devieilhe, soprano ; Zefira Valova, violon ; Les Ambassadeurs, flûtes et direction : Alexis Kossenko.

sabine_devieilheC’est à la Salle Gaveau que proposait son premier grand récital parisien. Celle qui fut repérée par Jean-Claude Malgoire n’a cessée depuis de confirmer auprès du public et de la critique les espoirs placés en elle. Avec, entre autres, un prix de l’ADAMI en 2011, un autre aux Victoires de la musique classique en 2013, une participation au concert de prestige donné à Versailles lors de la visite d’Etat du président chinois Xi Jinping en mars 2014, et un disque Rameau (Le grand théâtre de l’amour) devenu en quelques mois un best seller, tout semble sourire à cette jeune soprano léger française.

C’est donc tout naturellement Rameau, dont on commémore en 2014 le 250e anniversaire de la mort, que les musiciens présentaient au public parisien venu en nombre. Après un clin d’œil au compositeur dijonnais et sa « danse des sauvages » à travers un extrait du Concerto comique n°25 de Michel Corrette, l’ensemble en effectif très réduit reprenait le même principe que le disque, à savoir un parcours à travers les œuvres vocales de Rameau, alternant pièces instrumentales et airs tirés d’Anacréon, Les Indes Galantes, Les Paladins ou Platée. Si les extraits retenus diffèrent en partie de ceux du disque, on retrouve dans la peau d’héroïnes et de figures allégoriques des opéras de Rameau. La soprano se révèle à nouveau bonne comédienne et fine musicienne, très agile techniquement mais également touchante, notamment dans le tendre duo avec traverso « Viens, Hymen », tiré des Indes Galantes. Tout juste peut-on regretter un manque d’assise dans les tessitures médianes et graves pour que le plaisir ne soit complet, mais indéniablement une voix, un timbre, une présence qui retient l’attention.
La deuxième partie du programme, consacrée à Vivaldi, permettait d’apprécier tour à tour la virtuosité (mais aussi la poésie dans les mouvements lents) de la violoniste solo de l’ensemble et celle d’ au flautino dans deux célèbres concertos (surtout le RV 443) du « Prete rosso », malheureusement perturbés par des applaudissements du public entre les mouvements. Intercalés entre ces concertos, deux motets à voix seule, le Laudate pueri, Dominum RV 601 (ici sans orgue dans le continuo, ni hautbois), et la première partie du In furore iutissimae irae RV 626, un tube, dans lesquels Sabine Devieilhe fait à nouveau preuve de clarté dans l’émission et d’une belle aisance vocale. se montrent, comme d’ailleurs dans le reste du programme, des accompagnateurs vifs et attentifs.
Un concert fort réussi et la promesse que la succession des Massis, Dessay, Piau, Petibon est assurée.

Crédit photographique : Sabine Devieilhe © Alice de Sagazan

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Paris. Salle Gaveau. 29-IV-2014. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : airs et pièces instrumentales tirées d’Anacréon, Acanthe et Céphise, Les Paladins, Zoroastre, Les Indes Galantes, Platée. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour violon en ré majeur « Grosso Mogul » RV 208 ; Laudate pueri, Dominum RV 601 ; Concerto pour flautino en do majeur RV 443 ; In furore iutissimae irae RV 626 (extrait). Sabine Devieilhe, soprano ; Zefira Valova, violon ; Les Ambassadeurs, flûtes et direction : Alexis Kossenko.

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