Banniere-clefsResMu728-90

Trois organistes pour Saint-Guilhem-le-Désert

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Joan Cabanilles (1644-4712) : Tiento de quinto tono ; Tiento de falsas. Anonyme catalan (ca.1680) : Gaitilla de dos tiples de septimo tono. Samuel Scheidt (1587-1654) : Alamanda Bruynsmedeljn. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) : Fantaisie en la « à la manière d’un écho ». Henrich Scheidemann (1596-1663) : Alleluia, Lauden dicite Deo nostro. Johann Jakob Froberger (1616-1667) : Capriccio III. Claude Gervaise (1525-1583) Branles de Champagne et de Bourgogne ; Allemande. Clément Jannequin (1485-1558) : Martin menoit son pourceau au marché. G Peletier (1550) : Sy mon malheur m’y continue. Pierre Sandrin (première moitié XVI° siècle) : Je ne puis bonnement penser. Louis Couperin (1626-1661) : Fantaisies 26, 12, 58, 59. François Couperin (1668-1733) : Plein-jeu du Gloria et Offertoire de la messe pour les couvents ; Cromorne en taille pour le Benedictus de la messe à l’usage des paroisses. Andrés Cea Galàn (1-3), Maria Magdalena Kaczor (4-7), Michel Bouvard (8-20) à l’orgue historique Jean-Pierre Cavaillé (1782) Sals (1984) Michel Formentelli (2014) de l’abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault). 1 CD Aeolus en téléchargement Qobuz. Enregistré du 1° au 3 mai 2014. livret en français. Durée totale 72’13 ».

 

saint-guilhem_orgue_aeolusOrganisées pour fêter le récent relevage de l’orgue par le facteur Michel Formentelli, les rencontres internationales de Saint-Guilhem-le-Désert en Mai 2014, ont été l’occasion de réunir de grands interprètes, spécialistes de l’orgue ancien. Cet enregistrement en est le fidèle témoignage. Trois concerts couronnaient chaque soirée, montrant tour à tour les influences musicales présentes au cœur même de cet instrument. Jean-Pierre Cavaillé son concepteur à la fin du XVIII° siècle, faisait partie de cette grande équipe de facteurs d’orgue avec Jean François Lépine, Dom Bedos de Celles, Christophe Moucherel, ou encore Jean-Baptiste Micot, qui édifièrent les plus beaux instruments du midi de la France.

Le premier concert illustra l’influence ibérique du Nord de l’Espagne que connut Cavaillé en Catalogne, où il résida, se maria, et construisit de nombreux instruments, disparus pour la plupart, mais dont celui de Torroja del Priorat près de Tarragona qui reste un précieux et unique témoin. , organiste sévillan, proposa un répertoire catalan et valencien XVIII° siècle, contemporain de Cavaillé. En 1984, Alain Sals construisit la tuyauterie du positif de dos de cet orgue, laissé inachevé à l’approche de la révolution française. Ce complément indispensable ouvrit le répertoire à d’autres influences dont l’Italie, l’Allemagne et les Flandres, ces dernières voisines culturellement de l’Ibérie.

Avec le deuxième concert,  montra au public, ce qu’un tel instrument pouvait apporter à l’écriture musicale du Nord de l’Europe, grâce à une interprétation inspirée. Le troisième et dernier concert représentait « l’esprit français », au travers du programme de . L’âme même de cet orgue d’exception s’exprimait alors avec force et justesse de ton. Tout l’art français de Cavaillé fut ainsi révélé au travers des maitres de la Renaissance avec leurs danseries, et à la suite, les musiques de la famille Couperin.

Le label Aeolus, spécialiste de l’orgue, dirigé par Christoph Martin Frommen, offre ici un enregistrement d’une rare qualité, d’une finesse de ton encore inconnu pour cet instrument situé dans l’acoustique courte d’une abbaye romane. Il est vrai que le récent relevage de l’orgue par Michel Formentelli, donne à nouveau un lustre sonore inégalé, dans le respect total de l’esprit de Cavaillé pour la partie ancienne, et ce lui d’Alain Sals pour le positif de dos. Cet enregistrement précieux montre le chemin parcouru depuis plus de 50 ans au service de cet orgue unique, aujourd’hui sous les doigts de trois organistes venus de loin pour le faire scintiller tel un diamant en mouvement sous les rayons du soleil, dans un programme d’une rare élégance.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.