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Chostakovitch par Vasily Petrenko et Truls Mørk à Oslo

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 en mi bémol majeur, op. 107. Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2 en sol mineur, op. 126. Truls Mørk, violoncelle, Orchestre philharmonique d’Oslo, dir. Vasily Petrenko. 1 CD Ondine. Réf. : ODE 1218-2, code barre : 0 761195 121825. Enregistré à la salle de concert d’Oslo les 30-31 janvier et 1er février 2013. Notice : anglais. Durée : 64’55

 

Cela fait quelques années maintenant que les discussions sur  la sonorité attachée  à un orchestre a perdu de son acuité et de son intérêt. Les tenants d’une spécificité géographique et historique ont-ils raison de la défendre ou bien doit-on se résoudre à subir les lois tentaculaires de la mondialisation avec un risque d’insipidité et de neutralité ? 

ondine_chostaDifficile de trancher en l’espèce. Un orchestre et un violoncelliste norvégiens conduits par un chef russe sont-ils aptes à reproduire les accents si typiquement rattachés à la musique de  ? En l’espèce, les avis recueillis semblent partagés et contrastés.

D’une main de maître assurément, le chef russe originaire de Leningrad, , qui n’ a pas encore atteint 40 ans, connaît admirablement son affaire grâce à une expérience notable acquise de ses fréquentations de chefs éminents que sont Mariss Jansons, Yuri Temirkanov et Esa-Pekka Salonen, de ses expériences successives auprès de l’Opéra , du Théâtre  et de l’Académie d’Etat de Saint-Pétersbourg à partir de 1994. Son envol hors des frontières nationales se concrétisa lors de son engagement comme chef résident de l’Orchestre philharmonique royal de Liverpool à dater de 2006 et de sa première participation aux Proms de Londres en 2008, puis de  sa nomination  de premier chef à l’Orchestre philharmonique d’Oslo en décembre 2009 (et chef principal pour la saison 2013-2014 avec un contrat de quatre ans). Ses enregistrements des symphonies de Rachmaninov et son intégrale symphonique de Chostakovitch ont confirmé la qualité de ses lectures. Tout porte donc à anticiper les mêmes réussites dans les deux Concertos pour violoncelle et orchestre de ce dernier. Deux œuvres portant au plus haut l’art du maître russe décédé il y a bientôt  quatre décennies, deux chefs-d’œuvre composés en 1959 et 1966 et dédiés à Mstislav Rostropovitch, où l’on retrouve les qualités cardinales du génial musicien. Le Premier Concerto pour violoncelle, virtuose, de contenu homogène, adopte aussi bien des rythmes vivifiants de  marche (1er mouvement) et accorde une place conséquente au solo de cor. Les mélodies magnifiquement chantantes du second mouvement avancent vers l’établissement d’un climat dramatique typique. La fin s’achève avec d’habiles reprises de sections entendues précédemment. Le Second Concerto d’une beauté et d’une profondeur confondantes se rapproche davantage de la symphonie mais mérite par l’ampleur de ses lignes, le lyrisme de ses longs thèmes  toutefois  insuffisants pour museler les emportées dynamiques ou dédaigner l’humour et le grotesque si typiques de notre homme.

La participation du fameux violoncelliste norvégien (né à Bergen en 1961), un des plus réputés de sa  génération et de l’Orchestre philharmonique d’Oslo, honorable formation à la création de laquelle contribuèrent Edvard Grieg et Johan Svendsen en 1879, tempère et modère  quelque peu la violence première de cette musique, ses accents heurtés, ses apeurements, ses véhémences mais dans le même temps en accentuent les pages les plus révélatrices des aspects romantiques et sentimentaux, même teintés de désespoir, du grand maître. L’ensemble des protagonistes interagit  habilement sans heurt ni gène, sans concession dommageable en tout cas. Les passages plus lyriques atteignent des sommets de déréliction et d’angoisse tandis que les accès d’activité exacerbée conservent une retenue voulue que d’autres versions davantage ataviques et sauvages se refusent ostensiblement. Une très belle version néanmoins qui devrait ravir les tenants d’une intimité  sincère et non dévaluatrice de l’esprit de .

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 en mi bémol majeur, op. 107. Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2 en sol mineur, op. 126. Truls Mørk, violoncelle, Orchestre philharmonique d’Oslo, dir. Vasily Petrenko. 1 CD Ondine. Réf. : ODE 1218-2, code barre : 0 761195 121825. Enregistré à la salle de concert d’Oslo les 30-31 janvier et 1er février 2013. Notice : anglais. Durée : 64’55

 
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