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Respighi, vol direct Rio-Rome avec escale à Liège

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Ottorino Respighi (1879-1936) : Impressioni brasiliane (Impressions brésiliennes), suite symphonique P. 153 ; La Boutique fantasque, musique de ballet (d’après Rossini) P. 120. Orchestre philharmonique royal de Liège, dir. John Neschling. 1 CD BIS. Réf. : BIS-2050, code barre : 7 328599 920504. Enregistrement réalisé salle phiharmonique de Liège (Belgique), en avril 2013. Notice trilingue : anglais, allemand, français : Durée : 68’55

 

bis respighi liegeMême si les pouvoirs créateurs d’ ne sauraient se mesurer aux maîtres les plus géniaux et originaux de l’histoire de lacomposition musicale, on est parfaitement en droit d’affirmer qu’il est avant tout un extraordinaire magicien de l’orchestre. Il fut d’ailleurs formé auprès de l’excellent Rimski-Korsakov. On connaît évidemment sa populaire trilogie romaine : Les Fontaines de Rome, Les Pins de Rome et Les Fêtes romaines.

Sa bonne humeur, son orchestration suave et sautillante, son instrumentation amusante et amusée, dédiées au plaisir de l’oreille font merveille dans le pastiche (un ballet) rossinien baptisé la i>Boutique fantasque composé en 1918 pour les Ballets russes de Diaghilev. De l’enjouement au tape à l’œil, de la joie exubérante à la tristesse feinte, du plaisir pressenti au plaisir ressenti, Respighi semble vouloir dire : je vais vous régaler de sonorités flamboyantes, de belles pages avec ce fort sympathique hommage à son compatriote disparu depuis un demi-siècle lorsqu’il compose cette partition toute dédiée à l’extériorité entraînante et débridée offerte aux auditeurs amusés. Notons que chacune des huit sections de cette suite prouve la richesse de l’imagination de Respighi et les diverses saveurs de son écriture orchestrale. Rossini n’est jamais bien loin mais l’apport personnel du compositeur ne fait aucun doute à l’écoute de chaque mouvement brillamment peint aux couleurs de son imagination, de sa peinture orchestrale.

Probablement moins extraverti et insouciant, le titre ne nous en informant pas a priori, les Impressioni brasiliane offrent un aspect moins espiègle, moins jovial du compositeur italien, ce qui n’ôte pas les qualités intrinsèques de son travail mais la rend moins immédiate et séduisante. Cette musique lui fut dictée à partir de son séjour estival à Rio de Janeiro en 1927 au cours duquel il entra en contact avec la musique populaire du Brésil. Ce triptyque orchestral fut achevé au moment de son deuxième séjour brésilien l’été suivant. Il en assura la création avec succès.

Avec cette nouvelle réalisation au sommet, l’ confirme son rang quand il est bien dirigé. Quant à , chef brésilien, petit-neveu d’Arnold Schoenberg et du chef Arthur Bodansky ayant bénéficié de contacts avec Leonard Bernstein et Bruno Maderna, actuel directeur artistique du Teatro Municipal de São Paulo, il parvient également à mériter une place de choix aux côtés des meilleurs chefs d’orchestre du moment. Sa direction se montre précise, incisive, débarrassée de tout maniérisme et s’en tient à servir les œuvres abordées avec l’intégrité intellectuelle qui convient naturellement. Signalons, comme toujours avec Bis, également l’exceptionnelle qualité technique de cet enregistrement qui nous aide à déguster l’orchestre de l’intérieur. Dans l’absolu cette version trouve uniquement sur son chemin celle de Charles Dutoit à Montréal (Decca) dans un couplage identique.

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