Sir Arthur Bliss, Master of the Queen’s Music

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Sir Arthur Bliss (1891-1975) – BLISS CONDUCTS BLISS : A Colour Symphony ; Music for Strings ; Introduction and Allegro. London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, direction : Sir Arthur Bliss. 1 CD-R Heritage Records HTGCD221. Code barre : 5013993889892. Enregistré en 1954 et les 23 et 24 novembre 1955 au Kingsway Hall, Londres. ADD [mono]. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 66’43. ir Arthur Bliss (1891-1975) – BLISS CONDUCTS BLISS : Checkmate, ballet suite ; Miracle in the Gorbals, ballet suite ; Things to come, film music ; Theme and Cadenza for violin and orchestra ; Welcome the Queen, march. London Symphony Orchestra, Sinfonia of London, Philharmonia Orchestra, London Philharmonic Orchestra, direction : Sir Arthur Bliss. 1 CD-R Heritage Records HTGCD220. Code barre : 5013993888390. Enregistré en 1954, 1955, 1959, 1960 à Londres. ADD [stéréo/mono]. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 72’08.

 

heritage_colour_symphony_arthur_blissSous une sobre présentation, ces deux CD-R font partie de l’intéressante série de transferts réalisés par le petit label britannique indépendant Heritage Records, d’œuvres anglaises dirigées par leurs compositeurs respectifs. Et ces disques consacrés à Sir sont particulièrement bienvenus, car ils nous offrent une vision globale d’un musicien très attachant mais trop peu connu sur le continent, comparé à des personnalités telles que Britten, Delius, Elgar, Holst, Vaughan Williams ou autre Walton.

Élève du Pembroke College de l’Université de Cambridge, puis du célèbre Royal College of Music de Londres, Sir (1891-1975) débuta sa carrière grâce au support affectueux d’Elgar qui lui commanda une œuvre orchestrale pour le Three Choirs Festival donné en 1922 à la Cathédrale de Gloucester. Considéré à cette époque comme l’enfant terrible avant-gardiste de la musique anglaise, Bliss s’acquitta de sa tâche avec A Colour Symphony (1921) dédiée à son ami Sir Adrian Boult, et basée sur la symbolique héraldique, œuvre chatoyante pleine d’optimisme et de vitalité qui mêle les influences elgariennes, du groupe des Six et de Stravinsky. La partition appartenait toutefois à un tout autre monde que celui d’Elgar qui trouva la symphonie « incompréhensible et d’un modernisme déconcertant », ce qu’elle n’est évidemment pas pour nos oreilles actuelles…

Lors de son séjour aux USA (1923-25), Bliss fut très impressionné par le son du Philadelphia Orchestra obtenu par Stokowski qui lui inspira, à son retour en Angleterre, l’Introduction and Allegro (1926), pièce orchestrale très virtuose et inventive digne du grand chef américain et son orchestre pour lesquels elle fut écrite. La Music for Strings fut créée au Festival de Salzbourg de 1935 par les Wiener Philharmoniker sous la baguette de Sir Adrian Boult. Sorte de prolongation et d’amplification en trois mouvements de l’Introduction and Allegro pour cordes d’Elgar, elle est un vrai chef-d’œuvre que le compositeur qualifiait de musique « pure » par rapport à celle composée conjointement pour le film Things to come produit par .

heritage_checkmate_arthur_blissLe second CD fait la part belle à la musique de deux ballets de Bliss : Checkmate (Échec et Mat, 1937) et Miracle in the Gorbals (1944). Checkmate fut la première incursion de Bliss dans le domaine du ballet, et c’est une éclatante réussite qui a toujours connu une grande popularité dans le monde du ballet britannique. L’argument est du compositeur lui-même, et dès la première page de l’ouvrage, la musique sombre et noble tisse un sens du mystère dont elle ne se départ jamais. La première eut lieu en 1937 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris sous la merveilleuse direction de Constant Lambert (1905-1951). Des douze numéros de Checkmate, Bliss nous en propose six des plus caractéristiques. Le deuxième ballet de Sir Arthur Bliss, Miracle in the Gorbals, écrit pour le Sadler’s Wells Ballet, est peut-être moins mémorable, mais il contient suffisamment de moments exaltants et dramatiques pour en extraire une excellente suite de ballet en huit parties issues des quinze sections de l’œuvre originale.

En composant en pionnier la musique du film Things to come (1935), Bliss ne se doutait guère que sa partition survivrait à ce qui est pourtant un classique des films de science-fiction, mais quelque peu démodé dans son expression si pas dans son contenu encore bien actuel. Le compositeur travailla en étroite collaboration avec et pour obtenir l’idéale fusion du son et de l’image. Chaque évocation fut renforcée par la musique, depuis les jeux d’enfants jusqu’au monde en ruine et la grande destinée de l’Homme dans le Finale.

(1906-1991) fut un violoniste important mais actuellement peu représenté au disque, qui signa de mémorables réalisations chez Decca. Il contribua à l’écriture de certains passages difficiles du superbe Concerto pour violon (1955) de Bliss, dont il est d’ailleurs le dédicataire. Il grava également le très lyrique Theme and Cadenza pour violon et orchestre (1946) ici présent qui fait partie de la musique pour une dramatique radiophonique de la BBC et préfigure le Concerto pour violon.

Enfin, la marche Welcome the Queen (1954) qui clôt cette anthologie nous rappelle opportunément l’importance de la charge de Master of the Queen’s Music attribuée à Bliss, succédant ainsi à Sir , Sir et Sir Arnold Bax dans cette fonction. Bliss est certainement le plus productif en musiques de cérémonie qui semblaient lui convenir parfaitement.

À l’instar de Sir , Sir Arthur Bliss était un excellent chef d’orchestre pour sa propre musique, et ses enregistrements surpassent très souvent ceux de chefs plus récents. Il est donc très heureux de pouvoir disposer de transferts en CD absolument remarquables, à partir de microsillons immaculés, de ces précieuses gravures. Deux réserves cependant : bien que l’enregistrement de la suite de ballet Checkmate fut réalisé le 4 février 1960 en pure stéréo, il nous est curieusement proposé ici, regrettablement, en mono ; inversement, et tout aussi regrettablement, le Theme and Cadenza pour violon et orchestre, gravé en mono en novembre 1955, nous est présenté en fausse stéréo, probablement à partir du microsillon Decca Eclipse ECS783…

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