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Anja Harteros, une grande voix pour le lied

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Salzbourg. Haus für Mozart. 8-VIII-2014. Franz Schubert (1797-1828) : Rastlose Liebe D 138 ; So lasst mich scheinen D 877/3 ; Ganymed D 544 ; An den Mond D 193 ; Nacht und Träume D 827 ; Daß sie hier gewesen D 775 ; Im Abendrot D 799 ; Des Mädchens Klage D 191 ; Die junge Nonne D 828 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Meine Liebe ist grün op. 63/5 ; Dein blaues Auge op. 59/8 ; Der Tod, das ist die kühle Nacht op. 96/1 ; In Waldeseinsamkeit op. 85/6 ; Von waldbekränzter Höhe op. 57/1 ; Auf dem Kirchhofe op. 105/4 ; Am Sonntag Morgen op. 49/1 ; Schön war, das ich dir weihte op. 95/7 ; An ein Veilchen op. 49/2 ; Therese op. 86/1 ; Von ewiger Liebe op. 43/1. Anja Harteros, soprano ; Wolfram Rieger, piano.

Anja HarterosPhotgrapher: Marco BorggreveIl faut fréquenter l’Opéra de Munich ou Salzbourg pour avoir une véritable idée du talent immense d’ : rare hors de ces cercles familiers, elle aura abordé au cours des dix dernières années une vaste gamme de rôles, chez Wagner, Strauss, Mozart, Verdi, mais aussi plus récemment Puccini (Tosca), avec une intégrité musicale et artistique qui ne fait pas l’affaire du marketing effréné façon Netrebko, mais qui suscite un respect d’autant plus grand. Revenir au lied, pourtant, après des rôles qui deviennent lentement plus lourds, n’est jamais une mince affaire. Déjà étrenné fin juin à Munich, ce programme autour de deux compositeurs essentiels du genre s’ouvre par une première partie où le péril réside dans le choix exclusif de lieder très bien connus de Schubert. Un tel enchaînement de tubes n’est en soi pas très heureux ; le timbre chaleureux et habilement changeant de la chanteuse n’en séduit pas moins le public, qui peut apprécier aussi une approche très soignée du texte : une grande voix qui soit aussi une diseuse, voilà une alchimie rare. On ne peut cependant nier ici et là quelques duretés dans le grave – d’ailleurs déjà remarqués à l’occasion ces dernières années – et même quelques compromissions avec la diction dans certaines lignes plus tendues, qui trahissent la fréquentation de rôles peut-être trop lourds.

Le passage à Brahms après l’entracte ne constitue pas vraiment un progrès dans le choix des textes mis en musique, mais la vocalité plus immédiate des œuvres de Brahms aide à faire oublier ces quelques réserves. Le meilleur est en quelque sorte pour la fin : Von ewiger Liebe est d’une intensité peu commune, et la manière dont la chanteuse commence piano la réponse de la jeune fille à son craintif amoureux pour parvenir à la plénitude de sa voix à la fin du lied est sans pareille aujourd’hui. Seul un pianiste un peu moins faire-valoir que aurait pu lui permettre d’aller plus loin encore.

Jamais le lied, ces dernières années, n’aura autant été à la fête à Salzbourg : il faut souhaiter que ce genre si exigeant et si riche, et si ancré dans l’histoire du festival, continuera à l’avenir à bénéficier de cette très méritée attention.

Crédits photographiques : Anja Harteros © Marco Borggreve

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Salzbourg. Haus für Mozart. 8-VIII-2014. Franz Schubert (1797-1828) : Rastlose Liebe D 138 ; So lasst mich scheinen D 877/3 ; Ganymed D 544 ; An den Mond D 193 ; Nacht und Träume D 827 ; Daß sie hier gewesen D 775 ; Im Abendrot D 799 ; Des Mädchens Klage D 191 ; Die junge Nonne D 828 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Meine Liebe ist grün op. 63/5 ; Dein blaues Auge op. 59/8 ; Der Tod, das ist die kühle Nacht op. 96/1 ; In Waldeseinsamkeit op. 85/6 ; Von waldbekränzter Höhe op. 57/1 ; Auf dem Kirchhofe op. 105/4 ; Am Sonntag Morgen op. 49/1 ; Schön war, das ich dir weihte op. 95/7 ; An ein Veilchen op. 49/2 ; Therese op. 86/1 ; Von ewiger Liebe op. 43/1. Anja Harteros, soprano ; Wolfram Rieger, piano.

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