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Turandot à Metz, un rôle pour Cécile Perrin

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Metz. Opéra-Théâtre de Metz Métropole. 23-IX-2014. Giacomo Puccini (1858-1924) : Turandot, drame lyrique en trois actes sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni, d’après la pièce Turandotte de Carlo Gozzi. Avec : Cécile Perrin, Turandot ; Jean-Pierre Furlan, Calaf ; Bing Bing Wang, Liù ; Giovanni Furlanetto, Timur ; Ilhun Jung, Ping ; Ge Song, Pang ; Marc Larcher, Pong ; Alain Gabriel, L’Empereur Altoum , Ke Zhang, un Mandarin ; Tadeusz Szczeblewski, Le Prince de Perse. Chœur de l’Opéra national de Lorraine (direction : Merion Powell). Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole (direction : Nathalie Marmeuse). Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, direction : José Miguel Pérez-Sierra.

Cécile Perrin - Turandot_MetzMetropole_2014  © Williams Bonbon - Metz Métropole« Au final, une belle soirée tout de même, qui aura surtout consacré le triomphe d’une soprano française dans un des rôles les plus écrasants du répertoire. »

Sans doute pourrait-on discuter le curieux choix de la version de concert pour un ouvrage dont le potentiel théâtral n’a jamais été à démontrer. Question de rigueur budgétaire, vraisemblablement, en plus du fait que l’étroitesse du plateau de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole ne permet pas le déploiement de gros effectifs scéniques et musicaux. Beaucoup penseront ainsi que mieux vaut une Turandot en version de concert que pas de Turandot du tout. On aurait peine à leur donner tort. Le public messin aura en tout cas bénéficié du travail en profondeur accompli l’année dernière par les chœurs conjugués des opéras de Metz et de Nancy, ainsi que de la belle préparation de l’, particulièrement inspiré pour ce concert par la baguette du chef . On se souvient que c’est sur une version scénique de l’opéra que la saison lyrique nancéienne avait été ouverte en 2013.

L’absence de mise en scène peut-elle être palliée par la qualité de l’interprétation musicale ? À l’issue du premier acte, on pouvait en douter. Au soprano dur et métallique de la Chinoise , jeune artiste dotée d’un physique de rêve particulièrement adapté au personnage de la jeune esclave Liu, répond le ténor chevrotant et tonitruant de . Les chœurs, particulièrement sollicités dans cette partie de l’opéra, peinent à convaincre dans un acte empreint de douceur et de poésie.

Les choses s’arrangent très nettement au deuxième acte, grâce tout d’abord à la musicalité de l’inénarrable trio Ping/Pang/Pong, composé du baryton coréen Ilhun Jung, du ténor chinois Ge Song et surtout, le plus subtil et le plus accompli des trois, du ténor franco-espagnol . Mais la soirée prend une autre dimension dès l’apparition de , qui trouve avec la princesse de glace un des rôles de sa vie. Parfaitement à l’aise sur toute l’étendue de la tessiture, avec un grave légèrement voilé qui n’est pas sans rappeler celui de la grande Rysanek à ses débuts, la jeune cantatrice française fait valoir un puissant soprano impérieux et ferme, qui se rit des aigus meurtriers de la scène des énigmes. Au troisième acte, la beauté de ses pianissimi, parfaitement en phase avec la situation scénique du moment, confirme que nous tenons-là un soprano dramatique d’exception, à qui il est temps de confier des rôles à la mesure de ses moyens. Emporté par le maelström Cécile Perrin, le Calaf de gagne lui aussi en aisance vocale et en pouvoir de conviction. En revanche la Liu de ne parvient à décoller, malgré l’entourage bienveillant de la basse en Timur et d’un chœur lui aussi, enfin, entièrement libéré.

Au final, une belle soirée tout de même, qui aura surtout consacré le triomphe d’une soprano française dans un des rôles les plus écrasants du répertoire.

Crédit photographique : Cécile Perrin © – Metz Métropole

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Metz. Opéra-Théâtre de Metz Métropole. 23-IX-2014. Giacomo Puccini (1858-1924) : Turandot, drame lyrique en trois actes sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni, d’après la pièce Turandotte de Carlo Gozzi. Avec : Cécile Perrin, Turandot ; Jean-Pierre Furlan, Calaf ; Bing Bing Wang, Liù ; Giovanni Furlanetto, Timur ; Ilhun Jung, Ping ; Ge Song, Pang ; Marc Larcher, Pong ; Alain Gabriel, L’Empereur Altoum , Ke Zhang, un Mandarin ; Tadeusz Szczeblewski, Le Prince de Perse. Chœur de l’Opéra national de Lorraine (direction : Merion Powell). Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole (direction : Nathalie Marmeuse). Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, direction : José Miguel Pérez-Sierra.

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