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Carlo Bergonzi, la signature du bel canto

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Giacomo Puccini (1858-1924) ; Pietro Mascagni (1863-1945) ;Ruggero Leoncavallo (1857-1919) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) ; Amilcare Ponchielli (1834-1886) ;Francesco Cilea (1866-1950) . Carlo Bergonzi (ténor) ; Renata Tebaldi, Gianna d’Angelo, Renata Scotto, Birgit Nilsson, Sylvia Stahlman, Joan Sutherland (sopranos) ; Fiorenza Cosotto, Giulietta Simionato (mezzos) ; Ettore Bastianini, Enzo Sordello, Dietrich Fischer-Dieskau, Fernando Corena (barytons) ; Libero Arbace (basse) ; Tullio Serafin, Herbert von Karajan, Sir Georg Solti, Rafael Kubelik, Nello Santi, Gianandrea Gavazzeni, Lamberto Gardelli, John Pritchard (chefs d’orchestre). Enregistré en 1958, 1959, 1962, 1963, 1965, 1966, 1967 et 1975. 2 CD Decca. Durée : 2h 33’ 55’’

 

Carlo Bergonzi-cdCoïncidence ? Quelques semaines après la disparition de Carlo Bergonzi, le producteur Universal Music faisait paraître un double album du ténor regroupant les airs les plus fameux du répertoire de l’opéra italien.

Si vous êtes un ténor, voilà l’enregistrement que vous devrez posséder. Dans l’hommage que nous rendions après sa récente disparition, nous avons dit combien respirait la science du bel canto. Ce double album vient à propos pour confirmer ce que nous avancions.

Pour une partie, tirés des enregistrements d’intégrales de studio que le ténor grava principalement en compagnie de Renata Tebaldi, et d’autres captations de ses albums des récitals, les collectionneurs des disques du ténor de Busseto n’y trouveront aucuns inédits. Il n’en reste pas moins que cet album résume avec brio l’art du chant de . Il est coutumier d’affirmer que l’art des disparus est inimitable. Et pourtant. Si la voix de est unique et reconnaissable entre toutes, la technique du souffle qu’il enseignait reste tout à fait imitable. Elle est même à la base de tout le chant d’opéra…voire même du chant en général. Ce ne sont pas les chanteurs corses ou les autres chanteurs folkloriques qui nous contrediront.

Ce qui caractérise le chant de Carlo Bergonzi, et cet album le démontre de la première à la dernière plage, c’est la maîtrise totale qu’il avait de ce souffle. Une maîtrise qui le portait tout naturellement vers l’élégance du phrasé.

Qui mieux que Carlo Bergonzi chante la célèbre romance de La Bohème « Che gelida manina » ? L’extraordinaire émotion qui se dégage des premiers mots qu’il adresse à Mimi font penser qu’il s’en tiendra à incarner l’amoureux transis chantant une cantilène dans le seul but de séduire, avec une voix qui pourrait s’assimiler à celle de ces chanteurs « di grazia » qui en voix de tête s’expriment avec une affectation exagérée. Si le souffle qu’il domine totalement est un exemple du genre, derrière cette technique incontestable se dégage la puissance d’une voix totalement contrôlée.

Lorsqu’on écoute son « E lucevan le stelle » extrait de la Tosca qu’il enregistre en 1965 aux côtés de Maria Callas, outre l’impeccable diction, l’intelligence de l’énonciation du texte, le phrasé sans emphase, la ligne du chant le porte vers un pianissimo parfaitement chanté dans la continuité de la phrase qui en fait un modèle du genre. Devant une telle perfection, on se prend à réécouter les autres interprètes de l’opéra de Puccini pour s’assurer que seul Carlo Bergonzi détient la vérité de cette interprétation. On cherche, on cherche, on écoute, on passe celui-ci, on réécoute celui-là. Non, définitivement non. Carlo Bergonzi est seul. Cette plage, à elle seule, justifie l’achat de ce disque.

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Giacomo Puccini (1858-1924) ; Pietro Mascagni (1863-1945) ;Ruggero Leoncavallo (1857-1919) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) ; Amilcare Ponchielli (1834-1886) ;Francesco Cilea (1866-1950) . Carlo Bergonzi (ténor) ; Renata Tebaldi, Gianna d’Angelo, Renata Scotto, Birgit Nilsson, Sylvia Stahlman, Joan Sutherland (sopranos) ; Fiorenza Cosotto, Giulietta Simionato (mezzos) ; Ettore Bastianini, Enzo Sordello, Dietrich Fischer-Dieskau, Fernando Corena (barytons) ; Libero Arbace (basse) ; Tullio Serafin, Herbert von Karajan, Sir Georg Solti, Rafael Kubelik, Nello Santi, Gianandrea Gavazzeni, Lamberto Gardelli, John Pritchard (chefs d’orchestre). Enregistré en 1958, 1959, 1962, 1963, 1965, 1966, 1967 et 1975. 2 CD Decca. Durée : 2h 33’ 55’’

 
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