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Malipiero, un moderniste italien tout à fait abordable

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Gian Francesco Malipiero (1882-1973) : Fantasie di ogni giorno ; Passacaglie (Concerto pour violon en la majeur), op. 8 ; Concerti. Orchestra Sinfonica di Roma, dir. Francesco La Vecchia. 1 CD Naxos. Réf. : 8.573291, code barre : 747313329175. Enregistrement au Studio de l’Orchestre symphonique, Rome, du 9 au 13 et du 15 au 18 juillet 2013. Notice : italien et anglais. Durée 65’43

 

malipiero_visuel poursuit sa redécouverte du symphonisme italien, et le nouvel opus consacré à Malipiero mérite le détour.

Né à Venise en 1882, Malipiero grandit au sein d’une famille très musicale. En 1898, il entre au Conservatoire de Vienne (violon) puis poursuit sa formation à Venise et Bologne, auprès de Marco Bossi. Son intérêt galopant pour l’orchestration l’amène à travailler brièvement avec Max Bruch à Berlin (1908). A Paris, en 1913, il côtoie l’impressionnisme musical, son compatriote Alfredo Casella et assiste à la création du Sacre du printemps de Stravinski. En dépit de ces contacts, il forge rapidement une musique individuelle inspirée des musiques polyphoniques du baroque italien. Pédagogue de haut vol, il réalise aussi une édition savante des œuvres complètes de Monteverdi.

La renaissance attendue de sa musique, en marche certes mais encore trop modestement, doit énormément au label Naxos qui peut s’enorgueillir d’une bonne vingtaine de CD, dont celui contenant les pièces maîtresses Impressioni dal vero (Impressions du réel) et Pause del silenzio (Pause de silence) a obtenu une Clef ResMusica. L’Orchestre symphonique de Rome, seule phalange privée d’Italie, s’est hissé à un niveau artistique plus qu’enviable grâce aux capacités du chef (né à Rome en 1954, fondateur et leader du Quatuor Boccherini à l’âge de 17 ans en 1972, détenteur de nombreux autres titres de gloire, lire notre entretien…) a démontré son expertise à la tête de cette formation depuis 2002 en donnant plus de 120 concerts par an.

Concerti, séries de concertos miniatures en neuf parties, datés de 1931, révèlent un créateur à l’imagination fertile comme en témoignent le beau son, le climat un rien ténébreux héritier d’un courant romantique modéré. Avec Passacaglia, concerto pour violon en la majeur écrit deux décennies plus tard, domine un climat proche de l’impressionnisme, mystérieux, simplement accessible. Chez Malipiero, dans la sélection présentée ici, la modernité se trouve fortement reliée aux maîtres du passé. On avancera les mêmes critères avec les Fantaisies de chaque jour (1953) où dominent la sobriété du ton, les choix anti-véristes assumés, le souvenir présent de l’école vénitienne (Cavalli) et de moult traits épars venus de la modernité de son époque.

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Gian Francesco Malipiero (1882-1973) : Fantasie di ogni giorno ; Passacaglie (Concerto pour violon en la majeur), op. 8 ; Concerti. Orchestra Sinfonica di Roma, dir. Francesco La Vecchia. 1 CD Naxos. Réf. : 8.573291, code barre : 747313329175. Enregistrement au Studio de l’Orchestre symphonique, Rome, du 9 au 13 et du 15 au 18 juillet 2013. Notice : italien et anglais. Durée 65’43

 
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