Benjamin Grosvenor fait danser le piano

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita n° 4 en ré majeur, BWV 828 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Andante spianato et Grande Polonaise brillante, op. 22, Polonaise en fa dièse mineur op. 44 ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Mazurkas op. 3, n° 6, 4 et 9, Valse en la bémol majeur, op. 38 ; Enrique Granados (1867-1916) : 8 Valses poéticos ; Adolf Schulz-Evler (1852-1905) : Arabesques sur les thèmes de Johann Strauss « Le Beau Danube bleu » ; Isaac Albéniz (1860-1909)/Leopold Godowsky (1870-1938) : « Tango », extrait de España op. 165 n° 2 ; Morton Gould (1913-1996) : Boogie-woogie Etude. Benjamin Grosvenor, piano.
1 CD DECCA, référence 478 5334 ; code barre : 0 28947 85334 3. Enregistré au Potton Hall, Suffolk, du 7 au 10 juillet 2013. Livret en anglais, français et allemand. Durée totale : 81’09

 

Danses GrosvenorPour son deuxième disque solo chez le label Decca, le jeune pianiste britannique nous invite à un voyage à une diversité musicale sous le thème de la danse.

Après la réussite de son premier album Rhapsody in blue (Clef ResMusica) frappe encore. En reprenant le concept de Ferruccio Busoni pour son élève Egon Petri, incluant des compositions originales et des transcriptions, il présente des danses sous différents aspects, stylistiques et historiques.

Pour cela, il choisit d’abord la Quatrième Partita du grand Bach (1728). Sept danses du XVIIIe siècle, interprétées avec grâce et élégance (Ouverture, Allemande, Sarabande, Menuet), mais aussi avec vigueur (Gigue) et avec rythme (Courante et Aria). Son approche, avant tout purement pianistique sur un instrument moderne (Steinway & Sons, modèle D), met en valeur la beauté du son adapté à chaque forme de danse. Dans les deux Polonaises de Chopin, l’un des compositeurs de sa prédilection, il est fluide (Andante spianato), vivace et gaillard (Grande Polonaise), et robuste (Cinquième Polonaise). Ces Chopin ainsi que les trois Mazurkas et une Valse de Scriabine – dans lesquelles il semble jouer avec le rythme, vif ou lent, y mettant un brin d’espièglerie – sont des œuvres à écriture savante qui s’éloignent grandement de mouvements physiques ; mais la sensibilité du pianiste nous en transmet l’esprit, sans jamais tomber dans une virtuosité clinquante.

Retour à la musique qui donne l’envie de danser, avec Granados, Schulz-Evler, Albéniz et surtout, Gould (Boogie-Woogie Etude !). Ce dernier symbolise lui seul l’ouverture d’esprit d’une génération qui arrive, cette génération capable d’assimiler à la musique classique, parfaitement et sans aucune idée de cloisonnement, les styles musicaux appartenant a priori à un autre genre. Que ce soit des morceaux gais, joyeux, nostalgiques ou tristes, rend ces caractères si naturellement évidents que chaque pièce devient irrésistiblement belle.

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