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Dialogues des Carmélites sans orchestre mais pas sans frissons

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Rennes. Opéra. 12-XI-2014. Francis Poulenc (1899-1963) : Dialogues des Carmélites, opéra en 3 actes sur un livret du compositeur. Mise en scène, scénographie, lumières & costumes : Eric Chevalier. Avec : Blandine Arnould, Blanche de la Force ; Martine Surais, Madame de Croissy ; Sylvia Kevorkian, Madame Lidoine ; Karine Audebert, Mère Marie ; Violaine Le Chenadec, Sœur Constance ; Olivier Hernandez, l’Aumonier. Chœur de l’Opéra de Rennes (direction : Gildas Pungier), Colette Diard, piano.

dialogues-des-carmelites-vogue-en-bretagneC’est à une curieuse expérience que nous convie l’Opéra de Rennes en programmant Dialogues des Carmélites mis en scène mais donnés dans leur réduction pour piano. Le résultat, inabouti, est cependant digne d’intérêt.

Ce choix présente deux avantages : celui de pouvoir présenter le spectacle sur d’autres scènes bretonnes et celui de faciliter l’accès à cet authentique chef d’œuvre lyrique à des publics moins avertis. En effet, c’est un condensé de l’opéra qui nous est proposé avec un regret essentiel : l’absence du premier tableau qui en dit tant sur la psychologie de Blanche. Notre scepticisme sur la formule s’estompe vite grâce au talent de qui, par son jeu dynamique et profond, nous fait rapidement (presque) oublier l’absence d’orchestre. Les jalons de la partition sont habilement rendus et la scène finale nous procure le frisson attendu. Mais ce qu’on pouvait imaginer être un atout pour les solistes, dispensés de passer le barrage orchestral, se transforme en piège redoutable : la moindre faiblesse vocale se trouve en effet cruellement exposée.

Car si frustration il y a, elle résulte avant tout de l’interprétation vocale et, en premier lieu, du  manque de soin apporté au mot par nos carmélites, à l’exception notable de , ce qui est extrêmement pénalisant dans un tel ouvrage.  C’est également une épreuve d’entendre la première prieure de Martine Surais, aux registres disloqués, entre  graves factices et aigus hululés. Passons sur une Mère Marie très oubliable et une sœur Constance encore trop inexperte malgré de jolis effets piani, ou encore un aumônier appliqué mais vocalement frêle.

Sylvia Kevorkian, sans nous convaincre totalement par son chant, parvient à conférer à Madame Lidoine une touchante humanité terrienne. L’élément le plus intéressant de la distribution reste toutefois qui aborde Blanche avec un réel scrupule musical et une grande fraîcheur de timbre. En dépit d’une voix qui se tend dans le haut de la tessiture, elle dresse un portrait de jeune fille scéniquement émouvant et vocalement séduisant. Le chœur féminin de l’Opéra de Rennes, préparé par qui assure la direction musicale de cette représentation, est enfin absolument impeccable.

Dans un dispositif unique, agrémenté de quelques accessoires, Eric Chevalier signe une mise en place scolaire et parfois pataude. Régulièrement, les protagonistes procèdent sur la paroi de fond à des inscriptions dont la caractère éclairant nous a le plus souvent échappé. Si la lisibilité des tableaux est globalement assurée, les timides tentatives d’actualisation tombent à plat surtout pour qui se rappelle les passionnantes propositions de à Lyon l’an passé.

Crédit photographique : Blandine Arnould (Blanche de la Force) © Laurent Guizard

 

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Rennes. Opéra. 12-XI-2014. Francis Poulenc (1899-1963) : Dialogues des Carmélites, opéra en 3 actes sur un livret du compositeur. Mise en scène, scénographie, lumières & costumes : Eric Chevalier. Avec : Blandine Arnould, Blanche de la Force ; Martine Surais, Madame de Croissy ; Sylvia Kevorkian, Madame Lidoine ; Karine Audebert, Mère Marie ; Violaine Le Chenadec, Sœur Constance ; Olivier Hernandez, l’Aumonier. Chœur de l’Opéra de Rennes (direction : Gildas Pungier), Colette Diard, piano.

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