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Un premier concert à deux vitesses pour le National et Daniele Gatti

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Paris. Auditorium de la Maison de la radio. 20-XI-2014. Maurice Ravel (1875-1937) : Menuet antique. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violon et orchestre n°3 en si mineur op.61. Richard Strauss (1864-1949) : Une vie de héros, poème symphonique op. 40. Luc Héry, violon. Orchestre national de France, direction : Daniele Gatti

7Premier « vrai » concert de l’Orchestre National dans sa nouvelle salle de résidence, si on met de côté la soirée inaugurale un peu particulière partagée avec le Philharmonique, ce programme franco-straussien dirigé par était pour nous l’occasion de faire connaissance avec l’acoustique de l’auditorium, avec, on s’en doute, une curiosité plus intense pour le poème symphonique pour grand orchestre après l’entracte.

Il faut le reconnaitre, c’est avec une oreille plus acoustiquement analytique qu’émotionnellement musicale que nous avons vécu ce concert. Est-ce pour cette raison que nous n’avons pas vraiment vibré pendant la première partie de la soirée ? Sans doute, mais pas seulement. Car le tempo très retenu, presque précautionneux, avec lequel était abordé le Menuet antique de Ravel allié à des phrasés tout aussi sages enlevaient finalement saveur et couleur à cette courte pièce qui nous permit néanmoins de remarquer que les cordes avaient trouvé dans leur nouvel écrin une présence saisissante, jusqu’aux contrebasses.

Jusqu’ici nous avions trouvé Saint-Saëns plus inspiré lorsqu’il écrit pour le violoncelle que pour le violon, et malgré leurs efforts, les interprètes du soir ne nous firent pas changer d’avis. C’est surtout le premier mouvement Allegro non troppo qui nous parut peiner à chanter, à se développer, à s’affirmer. Peut-être un violoniste plus directement virtuose que , un des deux premiers violons solo de l’orchestre, aurait sauvé la partie, mais pas si sûr. Plus immédiatement convaincant fut l’Andantino quasi allegretto, au moins à son début, plein de charme et de poésie, joliment assuré par le soliste et bien soutenu par l’orchestre. Si le final aurait pu être plus enlevé, il avait de beaux moments, et son maestoso bien mis en valeur, avec en particulier de beaux cuivres dans le choral, meilleur moment de ce concerto. Un bis, très classiquement choisi dans une sonate de Bach, ce soir le largo de la troisième, acheva joliment cette première partie de soirée qui manqua quand même d’un peu de passion.

Œuvre à l’orchestration riche, puissante et savoureuse, Une vie de héros avait de quoi mettre en valeur orchestre, solistes, et montrer le potentiel acoustique de la salle. Ce qu’elle fit, en mettant immédiatement en évidence des équilibres entre groupes instrumentaux au réglage encore perfectible, avec des cordes en avant, des solos de bois sautant aux oreilles, mais des tutti mieux intégrés, des cuivres qui semblaient avoir peur d’écraser l’orchestre et des percussions franchement trop en retrait. Ce n’est pas magique, on ne trouve pas les clés d’une nouvelle acoustique du premier coup, il faudra peaufiner encore et encore mais c’est déjà plus que prometteur. On l’aura compris la partie de violon solo, si importante dans cette œuvre, permit à de s’exprimer sans avoir à forcer le son, ce qu’elle fit admirablement dans La compagne du héros ainsi que dans la fin de la pièce. Si les épisodes tumultueux qui suivirent ne manquèrent ni d’élan ni de climats, les défauts d’équilibre sonore relevés plus haut les empêchèrent ne nous emporter complètement avec eux dans la bataille, ce qui fut moins pénalisant dans la fin pleine de retenue sinon d’émotion. Néanmoins cette deuxième partie de concert avait heureusement et clairement passé la vitesse supérieure par rapport à un début de soirée qui nous laisse plus réservé.

Crédit photo : © http://danielegatti.eu

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Paris. Auditorium de la Maison de la radio. 20-XI-2014. Maurice Ravel (1875-1937) : Menuet antique. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violon et orchestre n°3 en si mineur op.61. Richard Strauss (1864-1949) : Une vie de héros, poème symphonique op. 40. Luc Héry, violon. Orchestre national de France, direction : Daniele Gatti

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