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Contes mythiques et féériques par Solenne Païdassi

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Igor Stravinsky (1882-1971) : Divertimento (Le Baiser de la fée) ; Suite italienne (Pulcinella), Karol Szymanowski (1882-1937) : Les Mythes, Op. 30 ; Trois caprices de Paganini op. 40. Solenne Païdassi, violon ; Frédéric Vaysse-Knitter, piano. 1 CD Aparté, référence : AP095. Code barre : 3 149028 050820. Enregistré à l’Eglise Saint Pierre (Paris) du 18 au 20 juin 2014. Livret en français et en anglais. Durée totale : 72’23

 

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Païdassi-V.KnitterLe nouveau disque de , Premier Grand Prix au Concours Long-Thibaud-Crespin en 2010, est consacré à Stravinsky et à Szymanowski, sous le thème du mythe.

Et elle choisit comme partenaire un poids lourd de la nouvelle génération du piano, , lauréat Juventus et nommé parmi les Révélations Classiques de l’Adami. Ensemble, ils nous livrent un enregistrement aussi original que fantastique.

D’abord deux suites écrites par Stravinsky avec le violoniste Samuel Dushkin, adaptées de ses propres ballets. Divertimento d’après Le baiser de la fée est une adaptation du conte d’Andersen, La Reine des neiges. Il s’agit d’un baiser que la fée donne à un garçon dès sa naissance, scellant ainsi la destinée de celui-ci d’être enfermé à jamais dans le royaume des glaces, le jour de son mariage, loin de sa bien-aimée. exprime de manière juste l’obstination rythmique des thèmes folkloriques (Danses suisses) et la légèreté du Scherzo et de la Variation, avec des portamentos discrets, mais très efficaces. Les mélodies de la Sinfonia et l’Adagio sont d’une ampleur délicieuse. La célèbre Suite italienne d’après Pulcinella est dominée à la fois par la grâce (Introduzione, Gavotta), la vivacité (Tarantella, Scherzino, finale) et une touche de mélancolie (Serenata, Minuetto). Les deux interprètes rendent ces musiques extrêmement vivantes, avec un accent approprié à chaque morceau, et les contrastes entre le calme et le vif sont réjouissants.

Dans Szymanowski, compositeur que affectionne particulièrement (il lui a consacré l’intégralité d’un de ses enregistrements), le piano prend une importance capitale, et notre pianiste assume avec fougue sa partition, avec une très belle prestation. Attiré par un univers extraordinaire et merveilleux, Szymanowski intègre souvent dans ses compositions des éléments d’Orient et d’Afrique, et dans les Mythes il traite ceux de la Grèce antique. Dans ces pièces qu’il compose en collaboration avec le violoniste Paul Kochanski, du Philharmonie de Varsovie, il révolutionne le langage violonistique : « Nous avons créé […] un nouveau style, un nouveau mode d’expression pour le violon », écrit-il à la femme de Kochanski, à qui la partition est dédiée. La fluidité ensorcelante des deux premiers morceaux ainsi que les trilles du dernier créent effectivement des impacts nouveaux sous l’archet de Solenne Païdassi. Les deux artistes proposent ainsi un large éventail de sons et de jeux instrumentaux ingénieux. Le choix des Caprices de Paganini pour clore le disque est intéressant et révélateur : Paganini « est » un mythe, par sa virtuosité diabolique et par les innombrables possibilités de transformations de ces Caprices qui ne cessent de susciter les curiosités jusqu’à aujourd’hui.

Quant à l’aspect technique, la prise de son semble inégale entre les deux instruments : pour le violon, la résonance est agréablement rendue, mais pour le piano, le son est plus direct et sec, et cette différence saute parfois aux oreilles. Le temps de pause entre la dernière pièce du Divertimento et la première de la Suite italienne, tout comme celui entre les Mythes et les Trois Caprice de Paganini, n’est pas suffisamment long (même intervalle qu’entre différents morceaux au sein de chaque série) et ne permet pas de prendre une pause psychologique, à notre sens importante sinon cruciale, entre les œuvres.

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