Eblouissante exploration du piano de Schubert par András Schiff

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Franz Schubert (1797-1828) : (CD1) Mélodie hongroise en si mineur D 817 ; Sonate en sol majeur D 894 (op. 78) ; Moments musicaux D 780 (op. 94) ; (CD2) Allegretto en do mineur D 915 ; Quatre impromptus D 935 (op. 142) ; Sonate en si majeur D 960. András Schiff (piano). 2 CD ECM. Réf. : New Series 481 1573, code barre : (non précisé). Enregistré à l’Augustinus Muziekcentrum, Anvers, les 9 et 10 février 2014. Notice : (non précisé). Durée : 68’52 + 78’11

 

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Pour défendre cet univers musical de Schubert qui touche au sublime, semble presque idéalement prédisposé.

Né à Budapest en 1953, le pianiste et chef d’orchestre hongrois étudie à l’Université de musique Franz Liszt de Budapest, travaille auprès de Györgi Kurtag, devient citoyen autrichien en 1987. Il s’installe à Londres et Salzbourg avant de prendre la nationalité britannique en 2001. La montée des extrémismes de droite l’oppose frontalement à la politique de son premier pays d’adoption mais également sans concession à celle des orientations de Viktor Orbán dans son pays natal. Récompensé par de nombreuses distinctions et prix (Prix Kossuth en 1996 ; Leonie Sonning Music Award en 1997 ; Prix Bach de la Royal Academy of Music en 2007) et couvert d’honneur, appartient au groupe d’élite dans l’interprétation et la défense de Bach, Mozart, Beethoven, Schubert et Schumann.

Son intégrale des Sonates pour piano de Schubert pour Decca entre 1988 et 1993 trône parmi les plus fines et profondes lectures de la musique du maître autrichien aux côtés de Paul Badura-Skoda, Wilhelm Kempf, Christian Zacharias et Alfred Brendel pour n’en citer que quelques-uns. Pour ECM, il nous concocte en février 2014 deux CD riches de deux admirables Sonates, D. 894 et D960, ainsi que de mémorables et inoubliables re-visitations des Moments musicaux et des Impromptus, sans oublier l’entraînante Mélodie hongroise en si bémol.

Et, miracle, il renouvelle et enrichit sa lecture par une interprétation toute d’intimité (comme une sorte d’invitation au « intime » intime) et d’approfondissement (il a étudié les manuscrits à la Bibliothèque nationale de Vienne) menant à un jeu exceptionnel ménageant sobriété et sensibilité, précision et nuance, poésie profonde et maîtrise infaillible. Ecoutons András Schiff qui précise encore : « Mon piano forte fut construit par Franz Brodmann à Vienne en 1820. Pour moi il convient idéalement aux œuvres pour clavier de Schubert. Il y a quelque chose d’essentiellement viennois dans son timbre, sa douceur veloutée, sa mélancolie cantabile ». Une interprétation à couper le souffle. Rien de moins !

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