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Altinoglu dirige l’ONL dans un programme ravélien

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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 18-IV-2015. Paul Dukas (1865-1935) : L’Apprenti sorcier. Jacques Ibert (1890-1962) : Concerto pour flûte et orchestre. François Borne (1840-1920) : Fantaisie brillante sur des airs de « Carmen » (orchestration de Raymond Meylan). Maurice Ravel (1875-1937) : Alborada del gracioso ; Rapsodie espanole ; Boléro, ballet pour orchestre. Emmanuel Pahud, flûte ; Orchestre national de Lyon, direction : Alain Altinoglu.

AAltinogluL’ donne un programme grand public, centré sur le Boléro de Ravel.

Ravel est toujours le bienvenu dans la salle lyonnaise qui porte son nom. Lorsqu’il s’agit de plaire aussi bien aux néophytes qu’aux mélomanes les plus blasés, ou de captiver le jeune public, en temps de vacances scolaires, c’est au Boléro que l’on pense d’abord. L’orchestre n’en est pas à sa première interprétation, et l’on sait d’avance que les quinze minutes de l’œuvre passeront en un éclair ; la salle, comble, retiendra son souffle, des premiers battements de caisse claire, jusqu’à la modulation cataclysmique de la fin.

De fait, le succès est au rendez-vous : le chef, , assez survolté, donne les bonnes impulsions à l’orchestre. Il parvient aussi bien à contenir l’énergie des musiciens, qu’à la libérer aux moments adéquats ; la densification graduelle du son est superbement réalisée. On retrouve également avec joie les textures chaleureuses des cordes de l’ONL, qui font oublier que les rangs de cuivres sont le théâtre de petits incidents récurrents. Regrettons simplement que, dans l’enthousiasme des dernières mesures, les décibels aient été trop généreusement dispensés ; bien rares sont les orchestres qui distinguent la puissance du son de sa simple intensité.

À partir de là, comment compléter le programme du spectacle ? Une première partie proposait de mettre en vedette le flûtiste   : puisque le Boléro donne à entendre tant d’instruments solistes différents, c’est une belle idée que d’attirer l’attention du public sur le timbre de la flûte, que le répertoire concertant a trop délaissé. Il est vrai que le concerto de vaut d’abord par sa rareté ; on en retient surtout un dialogue du soliste, dans le mouvement central, avec le premier violon (excellemment interprété par ). Le patchwork sur des thèmes de Bizet est une manière de bis, un faire-valoir pour la technique impeccable de Pahud.

La deuxième partie propose d’explorer l’Espagne de Ravel. L’Alborada, tout d’abord, est jouée avec un certain brio ; le caractère pinçant et acidulé de la pièce est bien rendu. Puis vient la Rapsodie espagnole, et même si l’on aurait aimé plus de nuances dans la Feria, le Prélude à la Nuit est une merveille : les bruissements des violons, les envolées lyriques des bassons et des clarinettes, les tintements tristes du célesta, en quelques touches rapides, appellent les images, distordent le temps. C’est du grand Ravel !

Crédit photographique : © Jean Radel

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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 18-IV-2015. Paul Dukas (1865-1935) : L’Apprenti sorcier. Jacques Ibert (1890-1962) : Concerto pour flûte et orchestre. François Borne (1840-1920) : Fantaisie brillante sur des airs de « Carmen » (orchestration de Raymond Meylan). Maurice Ravel (1875-1937) : Alborada del gracioso ; Rapsodie espanole ; Boléro, ballet pour orchestre. Emmanuel Pahud, flûte ; Orchestre national de Lyon, direction : Alain Altinoglu.

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