Lille piano(s) festival 2015, pour la plus grande gloire du clavier

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Lille piano(s) festival 2015. Auditorium du « nouveau siècle », 12, 13 et 14- VI-2015. Bela Bartok: Les trois concertos. Ludwig van Beethoven : Concerto n°3. Leonard Bernstein : Symphonie n°2 « The age of anxiety ». Franz Liszt : Concerto n°2. Alexandre Scriabine : Prométhée. Kun-Woo Paik, Kotaro Fukuma, Guillaume Vincent, Rémi Geniet, Wilhelm Latchoumia, Beatrice Rana, Andrei Korobeinikov (pianos). Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus, Mihail Gerts, Benjamin Shwartz (direction). Récitals : Chopin-Scriabine, (Kun-Woo Paik) ; Mozart, Scriabine, Chopin (Marc Laforet) ; Ravel, Chopin (Varvara Nepomnyashchaya)

18821314052_5c9a70ac3c_bLe festival de piano de Lille réunit sur un week-end artistes confirmés et jeunes talents dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Plus ou moins réussis évidemment, les concerts sont toujours portés par l’émulation des pianistes et l’enthousiasme de maître d’oeuvre de cette belle manifestation.

Depuis onze ans désormais, le festival de piano de Lille offre aux mélomanes un passionnant marathon du piano : des concerts d’une heure pas plus, tantôt pour piano seul, tantôt en concerto (sans compter le jazz) répartis dans divers lieux de la ville, parfois d’ailleurs au même moment ce qui contraint le critique le plus scrupuleux à faire des choix cornéliens. Ambiance à la fois détendue, chaleureuse se conjuguent avec un niveau musical élevé.

Pour l’édition 2015, , grand ordonnateur, infatigable et enthousiaste, de ces festivités avait retenu quelques thèmes : hommage à Bartok dont les trois concertos étaient confiés à trois lauréats de concerts internationaux (, englouti par l’orchestre du Premier, le très technique dans une lecture assez stravinskienne du Second, la jeune dans le lyrique Troisième). Le tout encadré par le Troisième de Beethoven superbement phrasé par l’immense Kun-Woo Paik, une belle lecture du Second de Liszt par le talentueux , la très « jazzy » Deuxième symphonie de Bernstein par et une expérimentale exécution du formidable Prométhée de Scriabine par Korobeinikov, avec jeux de lumières conformément aux vœux de l‘auteur mais hélas sans le chœur ad libitum.

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L’ est à la manœuvre, mais le peu de répétitions se fait sentir, plus d’ailleurs dans Beethoven que dans les pages du XXe siècle à l’effectif plus fourni. Heureusement que, sommet du festival, Kun-Woo Paik avait droit à un récital soliste, occasion de retrouver sa délicatesse de toucher, son raffinement des phrasés s’appuyant sur une technique virtuosissime. Sous ses doigts les 24 préludes opus 11 de Scriabine se sont révélés d’authentique chefs d’œuvre, alors que ceux de Chopin, leurs modèles avoués tournaient à la démonstration certes impressionnante mais un peu froide sous ceux de . Enfin on placera sur la plus haute marche également le récital de , dont la pureté de jeu a magnifié une sonate de Mozart comme un bouquet de mazurkas de Scriabine et Chopin. Aussi impressionnants techniquement qu’ils puissent être les jeunes virtuoses distingués par les concours internationaux d’aujourd’hui ont encore à mûrir pour égaler des maîtres comme ceux-là…et c’est heureux !

Crédits photographiques : ; Kun Woo Paik (c) Ugo Ponte /

 

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