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Khatia Buniatishvili au Festival de la Roque d’Anthéron

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La Roque d’Anthéron, Parc du Château de Florans. 08- VIII- 2015. Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition ; Maurice Ravel (1875-1937) : la Valse ; Franz Liszt (1811-1886) : Rhapsodie hongroise n° 2 (arrangement de Vladimir Horowitz) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Trois Mouvements de Petrouchka. Khatia Buniatishvili, piano.

Buniatishvili_CGREMIOT_08082015-3Khatia Buniatishvili faisait son retour samedi 8 août sur la scène du château de Florans, dans un programme de récital aussi exigeant qu’original, caractéristique de cette forte personnalité. 

Mais le concert fut mitigé avec une première partie moins convaincante que la deuxième. Dans les Tableaux d’une exposition, l’artiste géorgienne opte pour une conception surprenante, qui prend à contre pied la partition, avec des changements de nuances et de dynamiques. Toute interprétation revisitée peut apporter un éclairage nouveau de l’œuvre et lui permettre de gagner en profondeur, mais cela implique dès lors une réalisation aboutie sur tous les plans. D’un tempo très lent, la « Promenade » est d’emblée jouée pianissimo à la place de l’Allegro et du forte attendus. « Il Vecchio Castello », empreint de nostalgie amère, reste sans relief et n’exploite pas la dimension intemporelle sous-jacente. La pianiste retrouve du piquant et un toucher facétieux dans « le Ballet des poussins ». Si sa palette sonore reste immense, son jeu indompté est souvent à la limite de la rupture. Dans « Bydlo », cette trop grande prise de risque nuit à la clarté d’ensemble. Les cascades de traits fortissimo sont jouées à un tempo extrême et la main droite, peu appuyée, est ainsi couverte par les basses.

‎Après la pause, retrouve son répertoire de prédilection avec la Valse de Ravel, « tourbillon fantastique et fatal ». Avec élégance, elle se fond avec naturel dans cette pièce virtuose caractérisée par ses épisodes fulgurants et tumultueux. Nous assistons à une version dense et contrastée dans un corps à corps avec l’instrument plus énergique que sensuel. Changement d’atmosphère avec la Rhapsodie hongroise n° 2 de Liszt. Celle- ci met en lumière de pénétrantes teintes folkloriques et une jubilation rythmique sans tomber dans une débauche de virtuosité.

Trois Mouvements de Petrouchka de Stravinsky, transcription pour piano de trois scènes de son ballet, vient clore avec brio ce concert. Les possibilités percussives et harmoniques de l’instrument sont ici exploitées de bout en bout. On retrouve un équilibre des différents plans sonores servi par une texture moelleuse. C’est toute la modernité de langage d’un compositeur visionnaire qui nous est restituée.

La pianiste offre au public deux bis enthousiasmants. Tout d’abord, un arrangement du Menuet en sol mineurHWV 434/4 de Haendel, touchant de simplicité. Puis, tout en retenue, le Prélude n° 4 de Chopin résonne avec une intériorité rarement entendue.

Crédits photographiques : © C.Grémiot

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La Roque d’Anthéron, Parc du Château de Florans. 08- VIII- 2015. Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition ; Maurice Ravel (1875-1937) : la Valse ; Franz Liszt (1811-1886) : Rhapsodie hongroise n° 2 (arrangement de Vladimir Horowitz) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Trois Mouvements de Petrouchka. Khatia Buniatishvili, piano.

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