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Adrianne Pieczonka, straussienne et wagnérienne d’exception

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Richard Strauss (1864-1949) : Rote Rosen WoO. 76, Begegnung WoO. 72, Die Nacht op. 10/3, Einerlei op. 69/3, Befreit op. 39/4, Zueignung op. 10/1, Du meines Herzens Krönelein op. 21/2, Ruhe meine Seele op. 27/1, Traum durch die Dämmerung op. 29/1, Meinem Kinde op. 37/3, Nichts op. 10/2, Morgen op. 27/4 ; Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder WWV 91(Der Engel, Stehe Still, Im Treibhaus, Schmerzen, Träume). Avec : Adrianne Pieczonka, soprano ; Brian Zeger, piano. 1 CD. Delos DE3474. Code-barre : 013491 347424. Enregistré en août 2014. Notice de présentation en anglais. Durée : 51’22’’.

 

Les Clefs ResMusica

APConnue à la scène, a rarement fait ses preuves au récital. Ce nouveau CD laisse entrevoir les multiples talents d’une chanteuse insuffisamment connue dans l’hexagone.

La France l’a surtout découverte en Chrysothémis à Aix dans la sublime mise en scène de . Et pourtant, sa voix longue et puissante, son tempérament de braise et sa force contenue en font depuis plus de vingt ans une spécialiste de ces portraits de femmes blessées, qui transfigurent dans la sublimation vocale les écorchures névrotiques d’une vie de heurts et de souffrances : à côté des blondes wagnériennes comme Senta, Elsa ou Sieglinde, la Canadienne Pieczonka, tout autant à l’aise chez Mozart, Verdi ou Puccini, se fait une spécialité des grandes héroïnes straussiennes – Arabella, Ariane, La Maréchale, L’Impératrice –, capable de dire un texte comme de se lancer dans les envolées lyriques les plus débridées.

Si l’on attendait moins au récital de lieder cette grande voix lyrico-dramatique, l’incarnation même du « jügendlich-dramatisch » à l’allemande dont certains ne cessent de déplorer la disparation, le présent CD confirme qu’ relève sans problème ce nouveau défi. Au côté du piano de , visiblement aux petits soins, la grande voix au vibrato parfaitement contrôlé se prête avec la plus grande souplesse à la magie des mots de « Rote Rosen » ou de « Morgen ». De même, elle se lance crânement à l’assaut des longues phrases déliées de « Befreit » ou des aigus triomphants de « Zueignung ». Dans le bouquet des mélodies de Strauss, se côtoient les grands tubes du répertoire et quelques pièces moins connues. Avec les Wesendonck-Lieder de Wagner, la voix sait se faire plus sombre. Elle laisse surtout présager quelle belle Isolde se cache derrière cette mélancolie parfaitement assumée. Nul doute que cette toute jeune quinquagénaire, qui a su tellement bien préserver ses moyens au cours d’une carrière impeccablement gérée, saura nous émerveiller par de nombreuses prises de rôle dans la décennie à venir. Ce disque rend en tout cas hommage au talent d’une chanteuse que l’on connaissait pour ses incarnations scéniques, et dont on découvre ici le versant plus intime. À se procurer absolument.

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Richard Strauss (1864-1949) : Rote Rosen WoO. 76, Begegnung WoO. 72, Die Nacht op. 10/3, Einerlei op. 69/3, Befreit op. 39/4, Zueignung op. 10/1, Du meines Herzens Krönelein op. 21/2, Ruhe meine Seele op. 27/1, Traum durch die Dämmerung op. 29/1, Meinem Kinde op. 37/3, Nichts op. 10/2, Morgen op. 27/4 ; Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder WWV 91(Der Engel, Stehe Still, Im Treibhaus, Schmerzen, Träume). Avec : Adrianne Pieczonka, soprano ; Brian Zeger, piano. 1 CD. Delos DE3474. Code-barre : 013491 347424. Enregistré en août 2014. Notice de présentation en anglais. Durée : 51’22’’.

 
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