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Quand la musique est belle et bonne à La Chaise-Dieu

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. 24-VIII-2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Messe en si mineur BWV 232. Stéphanie Révidat, soprano ; Salomé Haller, mezzo-soprano ; Pascal Bertin, alto ; Marcus Ullmann, ténor ; Matthieu Lécroart, baryton. La Chapelle Rhénane, direction : Benoît Haller. Johannes Brahms (1833-1897) : Un requiem allemand op 45. Chantal Santon-Jeffery, soprano ; Christian Immler, basse ; Alphonse Cemin et Tanguy de Williencourt, pianos. Ensemble Pygmalion, direction : Raphaël Pichon.

Chapelle-rhénane_c-B.Pichène_2015Parmi son programme, toujours aussi copieux et de qualité, l’édition 2015 du Festival de La Chaise-Dieu proposait à son fidèle public une journée particulièrement dense avec la Messe en si de Bach et Un Requiem Allemand de Brahms.

C’est, d’abord, de qui propose un après-midi Bach. Avec la Messe en si, l’ensemble s’attaquait à un monument. Les versions sont nombreuses et les choix difficiles. Si a mis beaucoup d’énergie dans sa direction, le résultat n’a pas été à la hauteur de ses intentions. Cependant, on retiendra la vraie supplication du Kyrie, le chœur final du Gloria vif et enthousiasmant et surtout l’Agnus Dei, chanté par : la douceur de son interprétation se doublait d’une expressivité et d’une émotion remarquables.

Quand le chœur a du cœur

Un Requiem Allemand figurait au programme de la soirée. L’ de sortait de son répertoire habituel. On l’a découvert avec les messes brèves de Bach et là, Brahms… Surprise et attente. Le chef a choisi une version avec deux pianos, très proche de la version de Londres. Et il a eu raison ! Rappelons que Brahms avait entrepris cette réduction pour piano de la partition mais il voulut aller plus loin et réécrivit celle qui devint « la version de Londres » pour piano à 4 mains. Il s’en est expliqué en ces termes : « Je me suis livré à une noble occupation, arranger mon œuvre immortelle afin qu’elle fasse à son tour les délices des âmes à quatre mains. Désormais, elle ne peut plus sombrer dans l’oubli. Au demeurant, elle est devenue tout à fait excellente ». Il ajoutait : « l’enfer est derrière moi. » Un comble pour un Requiem !

Raphaël PICHON_6901Cette méditation sur la mort a été remarquablement servie par Pygmalion. Pas d’effet de masse, de la nuance vocale et pianistique, un régal d’émotions. Le chœur chante avec sérénité et confiance « Selig sind, die da Leid tragen – Bienheureux sont ceux qui supportent la souffrance ». Dans le n°5, inspiré par le décès de la mère du compositeur, « Ihr habt nun Traurigkeit – Vous avez à présent de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira », la soprano chante cette tristesse mais aussi l’espoir. Son attitude, son visage l’illustrent « divinement ». Pygmalion sublime la fin de l’œuvre avec le chœur Selig sind die Toten – Bienheureux sont les morts.

Dans une première partie, se mêlaient Schütz, Mendelssohn et Brahms. Grâce à la vidéo, on mesure la complicité chef/choristes et, parfois, le regard « puissant » de celui-ci. La qualité des voix, claires, les superbes pianissimi du chœur laissaient bien augurer de la suite du concert. Le public n’a pas été déçu.

Crédits photographiques :  © Bertand Pichène;  © Jean-Noël Démard

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