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Deux concerts à deux pianos à Bagatelle

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Orangerie de Bagatelle, 5-IX-2015.
16 h : Franz Liszt (1811-1886) / Emil Kronke (1865-1938) : les Préludes ; Franz Liszt (1811-1886) / Emil von Sauer (1862-1942) : Bénédiction de Dieu dans la solitude ; John Adams (né en 1947) : Hallelujah Junction. Marie-Josèphe Jude et Michel Béroff, pianos.
18 h : Claude Debussy (1862-1918) / Jean-Efflam Bavouzet (né en 1962) : Jeux ; Bruno Mantovani (né en 1974) : Italienne ; Igor Stravinsky (1882-1971) : le sacre du Printemps. François-Frédéric Guy et Jean-Efflam Bavouzet, pianos.

Jude - Be_roffLes Solistes de Bagatelle réinventent leurs concerts, en installant un deuxième piano sur la scène de l’Orangerie. Une nouvelle formule pleinement réussie avec des effets pianistiques renforcés.

Le thème de cette journée est « À deux pianos, c’est encore mieux ! » et c’est bien dit. À deux pianos, le caractère « symphonique » du piano augmente considérablement, donnant plus d’épaisseur au son. On le constate immédiatement à travers les Préludes, poème symphonique arrangé pour deux pianos. L’exubérance des couleurs s’y exprime par la multiplication de notes, tandis que dans Bénédiction de Dieu dans la solitude, cette multiplication sonore joue en faveur d’une intensification de propos musical et spirituel. et réalisent une envolée hypnotique dans Hallelujah Junction de . L’œuvre, créée en 1998, est constituée de répétitions retardées entre les deux parties. L’effet d’écho produit ainsi sur des motifs constamment changeants donne une dynamique perpétuelle, sans donner l’impression de répétition. Les mouvements sans cesse renouvelés, produits par la force des deux pianistes, nous invitent dans un voyage au-delà du temps dans un formidable élan créateur.

FFG-JEB2 050915 et nous entraînent dans un univers tout autrement magnifique. Commençant par Jeux de Debussy, ce sont les jeux de nuances qu’ils déploient. interprète ensuite en solo Italienne de (création par Alexandre Tharaud à Rouen en 2001), fondée sur la première gamme ascendante de l’« Allemande » de la Suite en la de Rameau, « reprise en boucle de façon lancinante » selon le compositeur. On retrouve alors un procédé de répétition, mais traité totalement différemment que chez Adams ; des contrastes divers et variés, d’intensité, de nuances, de tessitures… marquent l’œuvre, et le pianiste les met admirablement en évidence. À la fin, c’est l’apothéose avec le Sacre du printemps, de nouveau à deux pianos. Qu’exiger de plus ? La barbarie, la polytonalité, le contrepoint rythmique, et surtout l’histoire racontée, tout y est, les vingt doigts parlent avec autant d’éloquence qu’un grand orchestre de cent musiciens.

Crédits photographiques : © DR

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