Leonard Slatkin et Nicholas Angelich à l’Auditorium de Lyon

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Lyon, Auditorium.19-IX-2015. Bruno Mantovani (né en 1974) : Le Cycle des gris ; Edward Elgar (1857-1934) : Variations Enigma op. 36; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur op. 83. Nicholas Angelich, piano. Orchestre National de Lyon, direction: Leonard Slatkin.

539wSous la baguette de , l’ était à l’affiche de l’Auditorium de Lyon avec le pianiste remplaçant de Hélène Grimaud, souffrante, dans le répertoire brahmsien, un univers vers lequel ses affinités le ramènent constamment.

La première partie fut inversée et débute ainsi par le Cycle des gris de , une commande du Fonds d’Action de la Sacem dans laquelle il s’est attaché à écrire « une pièce cyclique en essayant d’élaborer un discours linéaire, donnant un sentiment de perpétuelle transition ». Mise à part une intervention remarquée des timbales et des violons nerveux, la texture hermétique de cette pièce ne parvient pas à nous toucher.

Les Variations Enigma d’Elgar sont d’un tout autre registre. Le thème principal est ici décliné en quatorze variations qui représentent chacune une personne proche du compositeur. Slatkin mène ses troupes avec verve. Les différents pupitres déploient un tapis de dynamiques franches, de sentiments renouvelés où se mêlent liesse solennelle et mélancolie. Les variations les plus réussies sont les plus délicates, dont les IXe (Nimrod) et XIIIe (***), et permettent d’apprécier une belle expressivité côté cordes. Malheureusement, l’acoustique de la salle montre une défaillance dès que le volume dépasse le double forte faussant véritablement les plans sonores.

Cette impression se confirmera après la pause dans le Concerto n°2 de Brahms. La projection du son avantage l’orchestre. Ainsi le piano semble plus en retrait dès les premiers traits du 1er mouvement pourtant joués piano. La prestation globalement convaincante de l’orchestre et du pianiste américain parviendra toutefois à nous faire oublier ce piège de l’acoustique. Homogène, la phalange lyonnaise se fond avec bonheur dans chaque tableau harmonique sans perdre de vue sa vision vibrante et contrastée du propos. Le Brahms de semble ne pas avoir d’âge. Son rapport au temps semble élastique et il nous fait pénétrer au cœur- même de ses méditations introspectives notamment dans les arches détaillées de l’Allegro non troppo ou les passages lyriques du Scherzo. On retrouve l’urgence de jeu nécessaire mais aussi des touches poétiques de texture intimiste. Le seul bémol reste le tempo allant de l’Andante, par la suite ralenti par le pianiste, qui ne permet pas d’apprécier la beauté plastique de ces premières mesures, ni d’entendre de transition claire avec l’entrée du piano. Ceci ne ternit cependant pas le magnifique solo du violoncelliste, omniprésent tout au long du mouvement.

Ovationné par un public lyonnais visiblement séduit, Nicholas Angelich revient offrir un bis avec la pénétrante Mazurka en fa mineur de Chopin, étonnante de fraîcheur digitale.

Crédit photograhique: © Stu Rosner

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  • cauchemille pierre

    Quand donc les critiques vont-ils comprendre qu’ils transmettent leur avis et non le notre ? Le  » nous  » ne veut rien dire. C’est le  » je  » qui est de mise. Je ne comprends toujours pas cette complaisance avec Slatkin qui est dans la nonchalance permanente. L’ONL a beaucoup perdu de son prestige depuis son arrivée, alors qu’il est formé de superbes musiciens. Allez donc voir à 500 mètres… Ono et son orchestre de l’opéra. C’est tout de même autre chose !

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