Banniere-ClefsResmu-ok

Simone Young bientôt au bout de son intégrale Bruckner

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9. Orchestre philharmonique de Hambourg, direction : Simone Young. 1 SACD Oehms OC 693. Référence 4 260034 856935. Enregistré à Hambourg en octobre 2014. Notice de présentation en : allemand, anglais. Durée : 59’ 01’’

 

oehms_young_bruckner_9 arrive presque à la fin de son intégrale des onze symphonies de Bruckner. Mais son enregistrement de la 9e ne va pas au bout de ce que contient ce chef-d’œuvre et, surtout, néglige les acquis de la musicologie relatifs au finale, inachevé mais existant, de la partition.

La cheffe australienne est en passe de boucler son intégrale des symphonies d’ avec le philharmonique de Hambourg (qui est en fait l’).

Commencé en gravant les versions originales des symphonies dont il existe plusieurs variantes (problème qui est la pierre d’achoppement des musicologues et interprètes brucknériens), ce cycle s’achève par les 9e et 5e (à paraître) symphonies, deux partitions que le regretté Günter Wand jugeait singulières dans l’œuvre de Bruckner. Simone Young a développé un style d’orchestre très reconnaissable, avec une image sonore ample et profonde, reposant sur des basses très présentes et des cuivres puissants et volontiers massifs, qui convient assez bien à l’écriture, souvent inspirée de l’orgue, du compositeur. Le Misterioso initial de cette 9e ne manque pas de grandeur, en effet, tandis que le scherzo déploie sa puissance menaçante qui anticipe sur les musiques les plus brutales du XXe siècle. Mais l’adagio déçoit franchement ; pris trop rapidement comme trop souvent hélas, il ne se déploie pas avec l’intensité qu’il recèle. Surtout, on regrette une nouvelle fois que Simone Young fasse l’impasse comme tant de ses collègues sur la question du finale de la symphonie. Plus la musicologie progresse, plus elle révèle en effet que Bruckner avait eu le temps avant de mourir d’esquisser la totalité de ce mouvement et d’en orchestrer une grande part. C’est trahir en fait la volonté du compositeur que de ne jouer que les trois premiers mouvements. Ce que des chefs de l’envergure de Harnoncourt et Rattle ont montré si brillamment ne devrait pas rester lettre morte. Dommage !

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
  • Martin Antoine

    Etes vous sur qu’ajouter un final mal connu et peut être discutable apporte à l’oeuvre , l’adagio final actuel étant si bouleversant ?

    • Gilbert

      L’exhaustivité, c’est le mal du siècle. On veut tout, tout, tout… tout et n’importe quoi.

      • Jean-Marc FERRARINI

        la question mérite certes d’être débattue: faut il « compléter » les oeuvres inachevées? il y a en fait deux cas de figure (pour simplifier) : celui ou le compositeur voyait son oeuvre dans sa totalité, c’est à dire qu’on dispose d’une esquisse en continuite de la première à la dernière mesure (c’est le cas de la dixième symphonie de Mahler et du dernier acte de Lulu) et il me semble légitime de tenter d’en établir une version « jouable ».et le cas de figure ou le travail du compositeur a été interrompu à un endroit précis de l’oeuvre (Requiem de Mozart, Turandot, finale de la neuvième de Bruckner) auquel cas si on veut « compléter » il va falloir inventer de toutes pièces un certain nombre de mesures, auquel cas le risque est grand en effet d’aboutir à du n’importe quoi…pour le finale de la neuvième de Bruckner, il y a une solution intermédiaire qui est de jouer seulement ce que le compositeur a eu le temps de rédiger en partition d’orchestre, çà représente environ huit minutes de musique et on y trouve une des plus belles inspirations du musicien (un choral des cuivres à la fois visionnaire et extatique) qui est comme une vison de la cité de Dieu, et dont on peut imaginer qu’il l’aurait magnifiée dans la coda. Après, il ne reste plus qu’à faire travailler son imaginationn et à rêver un peu…

      • Luc Foucart

        Tentation, tentation. Quelqu’un a aussi voulu « achever » la symphonie « inachevée » de SCHUBERT. Ne serait-ce pas une obsession de « consommateur de musique », plus que le désir du mélomane averti et respectueux de l’oeuvre et de l’esprit du compositeur. Dans la même veine, écrire une suite aux grandes oeuvres du passé (telle « Gone with the wind ») pour « connaître la suite des aventures ».

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.