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Ludmila Berlinskaïa interprète Scriabine

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Alexandre Scriabine (1872-1915) : 10 Préludes op. 11 ; Sonate n°4 en fa dièse majeur, op. 30 ; Poème op. 32 n°1 ; Trois pièces op. 45 ; Sonate n°9, op. 68 ; Poème « Vers la flamme », op. 72. Julian Scriabine (1908-1919) : 4 Préludes. Boris Pasternak (1890-1960) : 2 Préludes. Ludmila Berlinskaïa, piano. 1 CD Melodya. Enregistré en mai-juin 2015 à Moscou. Notice trilingue (anglais, français, russe). Durée : 57’19’.

 

61lFFB8hy3L._SL1012_La pianiste russe a réalisé peu d’enregistrements pour piano seul. Aussi, sommes-nous heureux de la retrouver dans cette interprétation personnelle de Scriabine.

Le disque progresse chronologiquement : aux dix Préludes op.11, composés en 1896, joués comme des tableaux sentimentaux schumanniens, succèdent des oeuvres de plus en plus personnelles, comme la Sonate en fa dièse majeur, très réussie dans cette version, voire plus étranges. Enfin, viennent la Sonate n°9 (1913), surnommée « Messe noire », et le poème Vers la Flamme (1914), résolument modernes. La pianiste a choisi d’intégrer des pièces composées dans l’entourage du compositeur : , l’auteur du roman Docteur Jivago, et , son fils mort prématurément à 11 ans. Le premier, très influencé par Scriabine, fait une sorte de transition entre les premiers Préludes et les œuvres suivantes. Le second est étonnamment mature et sombre pour un enfant : ses courtes pièces sont comme des croquis d’une œuvre plus large qui n’aura pas pu voir le jour.

Ludmila Berlinskaia n’imite pas les grands interprètes de Scriabine, notamment Sviatoslav Richter, dont elle a été proche (voir son interview en 2004). Son jeu est fait de rubatos subtiles, d’un sens du crescendo, ainsi que d’une très belle douceur dans les pièces intimistes ou énigmatiques. Si la Sonate n°9, dite Messe noire n’a pas l’étrangeté ou la liberté d’interprétation (dans les rubatos notamment), qu’on peut trouver dans les versions d’Horowitz ou de Richter par exemple, le poème Vers la Flamme donne, quant à lui, des visions fugitives et nous emporte jusqu’au climax. Notons que les aigus du piano (est-ce le fait de la prise de son ou du piano ?) résonnent un peu trop dans cette dernière pièce.

Nous pardonnerons à la maison de disque russe Melodya, les erreurs de traductions et les imprécisions du livret. Elle diffuse ici un bon enregistrement de Scriabine, qui peut compléter l’intégrale Scriabine de référence chez Decca.

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Alexandre Scriabine (1872-1915) : 10 Préludes op. 11 ; Sonate n°4 en fa dièse majeur, op. 30 ; Poème op. 32 n°1 ; Trois pièces op. 45 ; Sonate n°9, op. 68 ; Poème « Vers la flamme », op. 72. Julian Scriabine (1908-1919) : 4 Préludes. Boris Pasternak (1890-1960) : 2 Préludes. Ludmila Berlinskaïa, piano. 1 CD Melodya. Enregistré en mai-juin 2015 à Moscou. Notice trilingue (anglais, français, russe). Durée : 57’19’.

 
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