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Elena Bashkirova excelle dans Liszt et Albéniz

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Paris. Philharmonie 2. 9-XII-2015. Robert Schumann (1810-1856) : 4 Nachtstücke op. 23 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie en ut mineur KV 475 ; Sonate n°14 en ut mineur KV 457 ; Franz Liszt (1811-1886) : Ballade n°2 en si mineur ; Funérailles, Harmonies poétiques et religieuses S173 n°7 ; Isaac Albéniz (1860-1909) : Cantos de España op. 232. Elena Bashkirova, piano.

bashkirova_12_credits_monika_rittershausAprès une première partie consacrée à Mozart et Schumann et jouée avec finesse, c’est surtout en deuxième partie de concert qu’ nous ravit, dans deux styles différents : celui de Liszt et celui d’Albéniz.

Un cortège funèbre avance à pas feutrés, sur un thème en croches pointées : c’est ainsi que la pianiste entame une interprétation très fantomatique et mystérieuse des Nachtstücke de Schumann. D’emblée, le toucher est très léger, la pianiste créant de belles nuances de piano, parfois presque imperceptibles, et ne négligeant pas les silences. Cependant, dans toute la première partie du concert, le son nous paraît lointain, demandant presque un effort d’écoute. Il est possible que l’acoustique de la salle ne convienne pas à ce type de jeu, sans compter quelques occasionnels bruits parasites venant du plafond. D’autre part, le jeu est peu contrasté, privilégiant une atmosphère globalement mélancolique. Le legato du troisième mouvement, par exemple, est presque trop fondu et passe au second plan mélodique, quand il aurait pu être joué de manière plus distincte. La célèbre Fantaisie de Mozart reste dans ce ton, un peu aux dépens des effets de surprise et de fièvre presque pré-romantique que recèle cette œuvre. La pianiste enchaîne directement sur la Sonate n°14 en Ut mineur. Si le troisième mouvement est un peu lisse, l’Andante est en revanche un moment de bonheur.

La deuxième partie du concert est beaucoup plus captivante. C’est dans la Ballade et les Funérailles de Liszt, un des compositeurs privilégiés de Bashkirova, que celle-ci atteint un état de grâce et que son toucher fait merveille. L’alternance des thèmes méditatifs, sombres, flamboyants ou lumineux est très réussie. Le glas des Funérailles pourrait être plus marqué et plus fort. Mais la suite est saisissante. Quand s’achève le dernier crescendo de l’œuvre, le public reste un instant tout ému avant d’applaudir. Albéniz nous sort de cet état : ses célèbres Chants d’Espagne, sont vivants et joués avec une belle liberté, miment la guitare dans le Prélude, chantent des mélodies sentimentales ou mélancoliques ou nous entraînent dans les danses joyeuses hispanisantes. Les bis sont dans la continuité de cette fin de concert, avec le Tango en ré majeur d’Albéniz et une valse de Tchaïkovsky, dont elle vient d’enregistrer les Saisons chez Deutschlandfunk.

Le public était peu nombreux dans la salle de concert de la Philharmonie 2, ce qu’on peut déplorer pour une artiste qui se produit assez rarement en soliste et enregistre peu.

Crédits photographiques : © Monika Rittershaus

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Paris. Philharmonie 2. 9-XII-2015. Robert Schumann (1810-1856) : 4 Nachtstücke op. 23 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie en ut mineur KV 475 ; Sonate n°14 en ut mineur KV 457 ; Franz Liszt (1811-1886) : Ballade n°2 en si mineur ; Funérailles, Harmonies poétiques et religieuses S173 n°7 ; Isaac Albéniz (1860-1909) : Cantos de España op. 232. Elena Bashkirova, piano.

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