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L’OPRL met le cap à l’ouest sous la baguette de Christoph Campestrini

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Liège. Salle Philharmonique. 08-I-2016. John Adams (1947-) : City Noir ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur ; George Gershwin (1898-1937) : Un Américain à Paris . Nelson Goerner, piano ; Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christoph Campestrini.

CAMPESTRINI2Cette année encore, l’ (OPRL) n’a pas hésité à tourner le dos à la capitale autrichienne et aux valses de circonstance en proposant un concert de Nouvel An entièrement dirigé vers le Nouveau Monde.

City Noir de était ainsi présentée (en création Belge) en première partie de soirée. Œuvre « grand-format » articulée en trois mouvements, City Noir s’inspire des atmosphères caractéristiques du cinéma hollywoodien des années 1940.  Associés à l’esthétique minimaliste caractéristique du compositeur, des emprunts au jazz viennent apporter à cette imposante fresque d’une trentaine de minutes une allure très cinématographique. Ainsi les allées et venues au travers de la partition d’une batterie de jazz, de solos inspirés de trompette ou de trombone semblent dessiner les portraits de charismatiques personnages évoluant dans le champ d’action d’une camera. La partition nécessite des larges effectifs orchestraux, enrichis de saxophones et de nombreuses percussions.  On pourrait lui reprocher une récurrente saturation dans les dynamiques, rendant alors difficilement perceptible l’idée musicale. L’acoustique réverbérante de la Salle Philharmonique n’est pas étrangère à ce sentiment d’inconfort lorsqu’elle vient arrondir les angles les plus saillants de la musique. Conscient de ces difficultés, l’OPRL est actuellement en train de tester plusieurs dispositifs acoustiques sur le plateau dans le but de restituer au public d’une manière plus fidèle le travail des musiciens. The Song is for You (mouvement central de l’œuvre) a largement retenu notre attention par la beauté du solo de saxophone le traversant ainsi que par la sérénité suggérée par l’orchestre avant l’intervention d’un mystérieux trombone.

En seconde partie de soirée, on retrouvait avec plaisir , le pianiste que l’OPRL avait choisi de consulter cet été dans le cadre de l’acquisition par l’orchestre de son nouveau piano de concert. est donc familier de l’instrument qui l’attendait sur scène, et le public a pu le constater rapidement. Dans le Concerto en sol majeur de ,    choisit étonnamment de maintenir son orchestre au second plan comme pour mieux laisser briller son soliste. Ce parti-pris discutable s’avère le plus souvent plaisant car nous permettant d’apprécier distinctement le juste équilibre dont Goerner sait faire preuve. Il nous laisse par contre sur notre faim dans le second mouvement lorsque le dialogue entre les vents et le soliste apparait plus terne. Une autre impression dominante concerne la retenue dont le soliste fait preuve dans ses effets. Son Ravel n’est pas le plus déjanté que l’on ait pu entendre mais traduit davantage une certaine  maturité. Le Presto final n’a cependant pas manqué de panache, traversé par un orchestre et un piano parfaitement en phase. En bis, a interprété l’intéressante étude pour main gauche de Félix Blumenfeld.

Un Américain à Paris de Georges Geschwin apportait une agréable conclusion à ce concert. dynamise l’entièreté des pupitres de l’orchestre et nous promène dans un Paris espiègle et brillant tout en évitant avec brio les lourdeurs parfois imposées dans le final de cette pièce. Enfin, ne refusant rien à un public enthousiaste, l’orchestre a présenté en bis l’ouverture de Candide de Bernstein. Campestrini y adopte un tempo aussi jubilatoire pour le public qu’infernal pour les musiciens, apportant un brin de folie bienvenu à cette agréable soirée.

Crédit photographique © Faruk Pinjo

 

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Liège. Salle Philharmonique. 08-I-2016. John Adams (1947-) : City Noir ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur ; George Gershwin (1898-1937) : Un Américain à Paris . Nelson Goerner, piano ; Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Christoph Campestrini.

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