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Le pianiste George Li à Paris

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Auditorium du Musée du Louvre, 13-I-2016. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : 32 Variations sur un thème original en ut mineur WoO 80 ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Variations sur un thème de Corelli, op. 42 ; Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse ; Franz Liszt (1862-1918) : 2e Rhapsodie hongroise en ut dièse mineur S244/2. George Li, piano.

George Li (c) Christian Steiner s’est fait largement connaître lors du dernier Concours international Tchaïkovski, où il a obtenu le deuxième prix ex æquo (avec Lukas Geniusas). Après quelques récitals parisiens passés un peu inaperçus auprès du grand public (malgré un 1er grand prix Animato à la Salle Cortot en décembre 2014, accompagné des prix Brahms et Schumann et du prix du public), c’est la première apparition du pianiste américain d’origine chinoise à l’Auditorium du Louvre.

Déjà vainqueur au Young Concert Artist de New York en 2010 (il n’avait alors que 15 ans !), , 20 ans, commence tout juste à construire sa carrière internationale, parallèlement à ses études de littérature française à Harvard.

Ce qui saute d’abord aux yeux — et aux oreilles —, ce sont ses capacités techniques. Il semblerait qu’il puisse jouer n’importe quelle pièce avec une facilité surprenante, déconcertante même. Il connaît bien ses facultés et les met en valeur dans un programme délibérément virtuose. Mais fort heureusement, il ne se concentre pas uniquement sur cet aspect; il est surtout capable de chanter avec grande délicatesse, d’être d’une gravité sérieuse, alliant le raffinement asiatique avec l’opulence occidentale.

Ainsi, ses 32 variations de Beethoven sont empreintes d’une austérité certaine sans tomber dans la rigidité. Dans les Variations Corelli de Rachmaninov, Li se montre à la fois nostalgique et pathétique, et en plus, infiniment romantique et passionné, en bref, il passe par tous les états musicaux imaginables. Avec La Valse, il ne fait pas l’économie de l’exubérance et donne libre cours à son inspiration abondante, notamment à la fin. Et cette inspiration, il n’en manque pas : dans la Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt, après la première partie lente, il prend du temps pour marquer la fin de cette partie avant de passer à celle rapide, où sa vitesse est vertigineuse, mais bien contrôlée ; et en guise de coda, immense, il ajoute une partie mi-improvisée, reprenant différents thèmes et les recomposant très librement — avec des glissandi qui rappellent La Valse de Ravel qu’il vient de jouer — comme Liszt aurait pu le faire dans un de ses innombrables récitals.

À la fin de cet intense programme, il donne trois bis, le premier (Consolation n°3 de Liszt) dédié à la mémoire de Pierre Boulez, suivi de Variations sur le thème de Carmen (Bizet-Horowitz) et enfin le Nocturne posthume de Chopin.

Crédit photographique : © Christian Steiner

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