Nicolas Dautricourt, ardent défenseur d’un Sibelius descendu des sommets

À emporter, CD, Musique symphonique

Jean Sibelius (1865-1957) : Deux Humoresques pour violon et orchestre op. 87 ; Quatre Humoresques pour violon et orchestre op. 89 ; Deux Pièces pour violon et orchestre op. 77 ; Deux Sérénades pour violon et orchestre op. 69 ; Suite pour violon et orchestre op. 117 ; Cinq Pièces pour violon et piano op. 81 ; Pièces pour violon et piano op. 2. Nicolas Dautricourt, violon ; Orquestra Vigo 430, dir. Alejandro Garrido Porras ; Juho Pohjonen, piano. 1 CD La Dolce Volta. Enregistré à Vigo (Espagne) en 2014 et à Montreuil (France) en 2015. Notice quadrilingue : français, anglais, japonais et allemand. Durée : 77:24

 

sibelius-Dautricourt« Quand un artiste a quelque valeur, ce n’est pas seulement dans son ouvrage, c’est dans son être qu’elle réside. Il faut seulement essayer de brosser sa personnalité. »

Ces propos de valent sans doute pour tout créateur et particulièrement pour ceux dont les œuvres exacerbent la sensibilité et l’humanité des auditoires en quête, consciente ou non, de leur demande d’élévation vers les sphères de la réflexion, de la sensibilité et de la sensualité. Après cette riche période du 150e anniversaire de la naissance du « solitaire de Järvenpää » les hommages littéraires et musicaux ont montré combien ce génial créateur méritait une éternelle et universelle fascination. Mais n’y a-t-il pas nécessité à hiérarchiser le meilleur d’une œuvre mais également le moins parfait ? S’il faut raisonnablement le penser, nous classerons, avec d’autres musicologues, les pièces pour piano seul et une partie de sa musique plus légère et alimentaire, à un niveau moindre et en tout cas incomparables avec les Everest que peuplent les symphonies, les œuvres pour orchestre, le Concerto pour violon en ré mineur et nombre de partitions vocales. Pour autant, les musiques de la maturité consacrées au violon avec orchestre ou piano représentent un pan honorable de l’art du maître finlandais. Son riche sens mélodique, sa manière héritée du XIXe siècle viennois, son orchestre prêt à bondir mais volontairement et délicatement muselé, cantonnent ses créations dans un registre où le métier domine et s’en tire dignement sans avoir recours au génie qui habite les grands chefs-d’œuvre.

Le violoniste offre de ses humoresques, sérénades, suites et pièces composées ou révisées pour la plupart entre 1911 et 1918, une lecture raffinée, pondérée et raisonnable. Ses partenaires, le pianiste finlandais et l’, constamment en retrait, l’accompagnent en respectant l’équilibre exigé par ces musiques apaisées et rassérénées.  Leurs lectures  parfaitement pertinentes complètent l’art varié, parfois disparate et ici secondaire d’un héros en quête de récupération d’un souffle serein bien mérité.

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