Yuja Wang décevante, Valery Gergiev au sommet

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 12-II-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n° 9 en mi bémol majeur K. 271 « Jeunehomme ». Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Symphonie Manfred en si mineur op. 58. Yuja Wang : piano ; Orchestre Philharmonique de Vienne, direction : Valery Gergiev.

0de5bf91dbe2ea5113aa56673c9cc205aee12f77Trois stars pour ce concert au théâtre des Champs-Elysées : le Philharmonique de Vienne, la pianiste chinoise qui faisait ce soir-là ses débuts avec l’orchestre et le chef d’orchestre russe .

Ce concert s’est articulé en deux temps très distincts, aussi bien par le répertoire abordé que par l’intérêt musical.
Le Concerto n° 9 de Mozart, le fameux « Jeunehomme » ne convainc pas totalement dans l’interprétation de . Tout est bien sûr parfait et tous les codes sont respectés. La sonorité est ample, sans dureté et les pianissimi sont diaphanes. Mais les nombreuses parties où la pianiste joue en solo, les cadences notamment, ne se fondent pas bien dans l’ensemble et surtout son jeu semble fabriqué et suscite peu d’émotion musicale. Par ailleurs la pâte symphonique de l’orchestre n’est sans doute pas ce qui sied le mieux à ces concerti de Mozart, surtout celui-là, considéré comme son premier concerto vraiment personnel, écrit à la suite de sa rencontre avec la jeune virtuose Melle Jeunehomme, en janvier 1777.

Opulence de l’orchestre
En revanche, la monumentale et très sombre Symphonie Manfred de Tchaïkovski, en quatre scènes d’après le poème dramatique Manfred de Lord Byron, donne lieu à une interprétation saisissante d’ampleur et de tenue par l’orchestre autrichien et son chef russe. Curieuse genèse que celle de cette œuvre, puisque le sujet en fut d’abord proposé par Balakirev à Berlioz qui devait mourir très peu de temps après, Balakirev attendit alors quatorze ans avant de se tourner vers Tchaïkovski.

L’orchestre se déploie dans toute sa richesse et son opulence, avec ses cordes, ses cuivres et bois remarquables, ses percussions fournies et même un orgue pour le dernier mouvement. dirige cet imposant ensemble avec sobriété et engagement, avec de grands mouvements amples des bras et un jeu des mains très vivant et des doigts constamment frémissants. Il donne le sentiment d’élever cette symphonie comme un monument depuis le premier thème grave et sombre (lento legubre), confié à la clarinette basse et aux bassons jusqu’à l’allegro con fuoco du dernier mouvement et son choral d’orgue rédempteur.

Crédit photographique : Valery Gergiev © Alexander Shapunov

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