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Pour ses 40 ans, Renaud Capuçon avec plus de sagesse que de folie

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Max Bruch (1838-1920) : Concerto n° 1 ; Édouard Lalo (1823-1892) : Symphonie Espagnole ; Pablo de Sarasate (1844-1908) : Airs bohémiens. Renaud Capuçon : violon ; Orchestre de Paris, Paavo Järvi : direction. 1 CD Erato. Enregistré les en mai et septembre 2015 à la Philharmonie de Paris. Durée : 65’17’.

 

0825646982769_Capucon_web-cover2Retour au grand répertoire pour bien accompagné par l’, dans des lectures très propres techniquement mais qui manquent du panache et du grain de folie qu’on attend chez Lalo et Sarasate. Les références signées Amoyal, Mutter, Perlmann ou Vengerov demeurent donc  toujours valables.

Lancé avec éclat au moment où le violoniste français fête ses quarante ans, ce CD offre à la fois un programme splendide mais aussi populaire, et des interprètes en vue de la vie musicale parisienne. Le résultat est incontestablement de haute tenue, même s’il lui manque ce panache, ou pour tout dire cette inspiration qui en ferait l’égal des grandes versions d’antan.

Le jeu de Capuçon est certes très propre techniquement, même si sa sonorité, malgré la beauté intrinsèque de l‘instrument, n’est pas la plus rayonnante. On regrettera de surcroît dans la symphonie espagnole une fâcheuse rigidité des accents orchestraux, car la direction de qu’on a connu plus subtile manque curieusement de souplesse. Bref, à une interprétation sérieuse et presque compassée, on préfèrera les versions pleines de chic et de panache de prédécesseurs comme Amoyal ou Perlmann (avec l’ lui aussi) ou la version de Mutter-Ozawa. La même remarque vaut, mutatis mutandis, pour les airs tziganes de Sarasate, auxquels manque le grain de folie qui rendait Perlmann, encore lui, inimitable.

Les qualités du nouveau disque se retrouvent plus dans le concerto de Bruch, une œuvre très bien écrite car techniquement assez simple pour un résultat flatteur et qui convient mieux à l’approche très sobre du duo Capuçon-Järvi. Reste néanmoins que le romantisme inspiré de Vengerov avec Masur parmi les bonnes gravures récentes se place au-dessus de la nouvelle venue. Tout ceci reflète du travail bien fait, mais sans jamais allumer l’étincelle de génie qui déclenche l’enthousiasme irrésistible de l’auditeur. De la belle ouvrage, mais est-ce suffisant ?

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Max Bruch (1838-1920) : Concerto n° 1 ; Édouard Lalo (1823-1892) : Symphonie Espagnole ; Pablo de Sarasate (1844-1908) : Airs bohémiens. Renaud Capuçon : violon ; Orchestre de Paris, Paavo Järvi : direction. 1 CD Erato. Enregistré les en mai et septembre 2015 à la Philharmonie de Paris. Durée : 65’17’.

 
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  • Martin Antoine

    N’est ce pas toujours un peu le problème de Renaud Capuçon, toujours très « propre » (terme trop péjoratif mais ..) ?. Il est cependant difficile d’être déterminant dans un tel répertoire !

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