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Burning Bright d’Hugues Dufourt par les Percussions de Strasbourg

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Hugues Dufourt (né en 1943) : Burning Bright pour six percussionnistes. Les Percussions de Strasbourg. 1 CD Percussions de Strasbourg. Enregistré en mars 2016 au Théâtre de Hautepierre à Strasbourg. Texte français/anglais. Durée : 65′.

 

Les Clefs d'Or 2016

percussions-strasbourgBien souvent la peinture nourrit l’imaginaire d’Hugues Dufourt. Pour Burning Bright (« Lumière brûlante ») écrit pour les 50 ans des et créé par cette même phalange au TNS en 2014 – c’est le poème The Tyger (1794) de William Blake et « la fureur éruptive et hallucinée de ses visions » nous dit le compositeur, qui suscitent ce vertigineux voyage intérieur où interagissent l’espace, le temps et les couleurs.

renoue avec ses partenaires favoris pour lesquels il a écrit, il y a de cela presque 40 ans, Erewhon créé au festival de Royan en 1977. Pièce d’envergure également, mais d’un tout autre propos, Burning Bright est conçu en douze mouvements enchainés dont les titres (…Tourbillons 1, Densification, Vertical 2…) signalent des retours et induisent une dramaturgie. Si tout l’univers de la percussion y est convoqué – son déploiement est un spectacle en soi – l’écriture procède par relais et fusion des timbres au service d’une matière sonore protéiforme : […] « pas de solo au cœur même de cette musique, une certaine idée d’appartenance à une même respiration […] » commente très justement , actuel directeur artistique des , dans la notice du CD. Traitement de la résonance, variété du grain et de l’entretien du son, fulgurance de la couleur sont autant de ressorts pour nous immerger dans ce continent sonore où l’espace est toujours mouvant et l’écoute constamment sollicitée.

Éruptive et flamboyante dans Densification (5), la matière est plus vibratile et le temps dilaté à l’infini dans Espaces pulsés (7), un des mouvements les plus étonnants, animé de figures fantomatiques. Dans ce camaïeu de noir gris, l’éclat de la couleur n’arrive que progressivement, avec le flexatone et son effet de morphing sonore. aime ces sonorités aux effets giratoires et miroitants, comme la cymbale chinoise souvent convoquée et les steel-drums plus présents dans les derniers mouvements (Lointain 1, Suspendu). Entendues au sein d’un espace immense, les nappes sonores évoluant par vagues semblent plus d’une fois provenir d’une source électroacoustique. C’est dire la magie du geste et la fluidité du jeu des six percussionnistes qui font ici converger leur énergie pour habiter cet espace visionnaire. Superlative est aussi la qualité de l’enregistrement nous mettant au cœur de la matière sonore. Fascinant !

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