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Les King’s Singers aux Bernardins, rejoy

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Paris. Collège des Bernardins. 19-XI-2016. Œuvres de William Byrd (1539/40-1623), Roland de Lassus (1532-1594), Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), William Haris (1883-1973), Arvo Pärt (né en 1935), Patricia van Ness (née en 1951), Cyrillus Kreek (1882-1962) et chants traditionnels. The King’s Singers : Patrick Dunachie, contre-ténor ; Timothy Wayne-Wright, contre-ténor ; Julian Gregory, ténor ; Christopher Bruerton, baryton ; Christopher Gabitas, baryton ; Jonathan Howard, basse.

bg-intro-mobile6Le festival des heures du Collège des Bernardins, enchaînant ses concerts au rythme monastique, invitait le célèbre chœur masculin des , pour une heure d’œuvres variées et religieuses a capella, célébrant l’allégresse, servies par une interprétation précise et toute en retenue.

Comme souvent leur programme commençait avec des pièces sacrées de la Renaissance, inspirant recueillement mais sans impression d’austérité. D’abord parce qu’elles ne constituent qu’une partie du programme. Mais également parce que comme créent de discrètes ruptures de continuités et relancent la musique par des moyens que les interprètes savent mettre en valeur : entrées progressives des voix (Beata viscera Mariae Virginis de Lassus), jeux de réponses (Sing joyfully de Byrd, Resonet in Laudibus de Lassus), phrase entonnée par le contre-ténor puis reprise en tutti dans Domine Dominus noster (), procédé repris dans la pièce contemporaine de , Õnnis on inimene. Le ton est recueilli voire poignant, en particulier et en dépit de la prononciation dans Mon dieu j’ay en toy esperance de l’organiste hollandais . Enfin, il y a un vrai plaisir dans l’accord qui clôt chaque morceau, aussi lumineux que les voûtes de la nef qui lui servent de cadre.

La partie suivante présente un ensemble éclectique de pièces contemporaines : , distillant quelques dissonances dans une musique sacrée très inspirée de la Renaissance ; une courte et très belle pièce d’, Bogoroditsye Dyevo ; puis My heart is a lonely place, composé par à l’intention des , dont le leitmotiv de descente chromatique de la basse (façon Joan Baez dans Here’s to you Nicolas and Bart) fraye avec la musique populaire, et enfin le morceau de évoqué plus haut. Enfin nous retrouvons l’esprit populaire et sympathique des King’s Singers, avec un ensemble de chants traditionnels arrangés, dans le style Gospel, dans Little David play on your harp ou dans les chants de Noël, ou façon boys band dans le bis, The gift to be simple.

Dans tout le concert, l’équilibre entre les six voix, généralement toutes présentes sur scène, est frappant. Les deux barytons offrent une base stable et donnent de l’épaisseur à l’ensemble, tandis qu’il faut saluer la beauté du timbre du ténor (Julian Grégory) et de la basse très présents, bien que seuls sur leur pupitre. Enfin, la voix assez légère du premier contre-ténor , qui a pris la suite de l’excellent David Hurley, est heureusement doublée par .

Quel reste-t-il de l’esprit et du style des King’s singers au-delà des renouvellements de chanteurs, depuis la création de l’ensemble ? Son humour (so british) et son contact décoincé avec le public, quoique le répertoire présenté s’y prêtait assez mal ; son répertoire éclectique et original, même si les arrangements et autres détournements si drôles en onomatopées (ou sur les noms de compositeurs dans Masterpiece !) nous manquent un peu ; mais également sa précision et sa qualité vocale.

Crédits photographiques : King’s singers © Andy Staples

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Paris. Collège des Bernardins. 19-XI-2016. Œuvres de William Byrd (1539/40-1623), Roland de Lassus (1532-1594), Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), William Haris (1883-1973), Arvo Pärt (né en 1935), Patricia van Ness (née en 1951), Cyrillus Kreek (1882-1962) et chants traditionnels. The King’s Singers : Patrick Dunachie, contre-ténor ; Timothy Wayne-Wright, contre-ténor ; Julian Gregory, ténor ; Christopher Bruerton, baryton ; Christopher Gabitas, baryton ; Jonathan Howard, basse.

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