Les concertos de Roy Harris et John Adams par la violoniste Tamsin Waley-Cohen

À emporter, CD, Musique symphonique

Roy Harris (1898-1979) : Concerto pour violon et orchestre ; John Adams (né en 1947) : Concerto pour violon et orchestre. Tamsin Waley-Cohen (violon), BBC Symphony Orchestra, Andrew Litton (direction). 1 CD Signum Classics. Durée : 62′.

 

71mzrxurzul-_sl1200_Pour son nouveau récital au disque avec orchestre, la jeune violoniste (née en 1986) présente un programme 100% made in America, avec deux concertos remarquables : celui très rare de , et le désormais « classique » de .  

Commande de l’orchestre de Cleveland, écrit en 1949 mais créé seulement en 1984, le Concerto pour violon de se découpe en quatre Sections enchaînées. Dans un esprit typiquement américain digne de Barber et Copland où la grâce des courbes modales tirées de folk-songs (ici de l’Oklahoma) se marient à une pâte orchestrale européenne, l’œuvre fait la part belle à un sens du grandiose, du lyrique, et de ce que l’on pourrait voir comme une traduction musicales des « grands espaces », notamment par l’intermédiaire de larges pédales de basse ainsi que d’harmonies chaudes et sensuelles. Débutant par un tutti vigoureux, la première Section se déroule dans un climat contemplatif et langoureux laissant toute place au violon de d’exprimer sa veine sentimentale, toutefois sans pathos superflu. En forme de scherzo énergique, la deuxième Section est le mouvement le plus développé de l’œuvre. Elle offre en complément une musique pétillante et gorgée de soleil. De retour dans une veine lyrique et passionnée, la troisième Section fait miroir avec la première, se laissant baigner par les topics obligés du concerto pour violon. Mélodie planante et gracile dans l’aigu en premier chef, pour se conclure dans une cadence virtuose introduisant la quatrième et ultime Section en apothéose majestueuse. Un finale où le violon solo semble flotter au-dessus d’un large choral de cuivres auquel répondent les fragments folks des violons de l’orchestre à l’unisson, figurant sans conteste le moment le plus fort de l’œuvre.

Malgré son petit quart de siècle, le Concerto pour violon de (1993) connaît une discographie bien plus importante que celui de son aîné signé Roy Harris, et fait ici figure de classique du répertoire américain. Même si le premier mouvement « hyper-mélodique » selon les mots du compositeur apparaît un peu trop labyrinthique, il a au moins le mérite de laisser le violon solo exprimer sa musicalité. Chaconne toute « chostakovienne », le second mouvement Body through which the dream flows rappelle certains moments de l’opéra The Death of Klinghoffer, créé deux ans auparavant en 1991. Éloge de la transparence, ce passage mouvant et éthéré est le centre émotionnel du concerto. Finale à l’hédonisme fou, Toccare vient clore l’œuvre de manière exubérante, comme pouvaient l’être les mouvements rapides de la Chamber Symphony (1992). Le jeu incisif de Tamsin Waley-Cohen se montre particulièrement investi dans ce dernier mouvement, où elle opte pour une vision personnelle de l’œuvre, plus tranchante, au contraire des glissades et autres déhanchés de Gidon Kremer dans la première gravure discographique du concerto. On aura également savouré une somptueuse prise de son, mettant en valeur les irisations d’un jouissif synthétiseur très « années 90 ».

Tout au long du programme on apprécie l’énergie et l’enthousiasme communicatif de la violoniste britannique (écouter les toutes dernières notes du Concerto d’Adams), couplé à un BBC Symphony en belle forme, que dirige  en habitué de la formation.

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