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A Bordeaux, Candide nous met la joie au cœur

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Bordeaux. Opéra National. 22-I-2017. Leonard Bernstein (1918-1990) : Candide, Opérette comique en deux actes sur un livret de Lilian Hellman d’après Voltaire. Mise en scène : Francesca Zambello. Chorégraphie : Eric Sean Fogel. Lumières : Mark Mc Cullough. Décors : James Noone. Costumes : Jennifer Moeller. Avec : Andrew Stenson, Candide ; Wynn Harmon, Pangloss ; Ashley Emerson, Cunégonde ; Marietta Simpson, la duègne ; Christian Bowers, Maximillian / Révérend Père ; Kristen Choi, Paquette ; Matthew Scollin, Martin / Jacques ; Andrew Maughan, Cacambo ; Cynthia Cook, Baronne / Vanderdendur ; Brad Raymond, Grand Inquisiteur / Gouverneur ; Cole Francum, le roi de Bavière ; Brian Wallin, le rois d’Eldorado. Chœur de l’Opéra National de Bordeaux (chef de chœur Salvatore Caputo) ; Orchestre National Bordeaux-Aquitaine. Direction James Lowe.

Candide_credit_Karli_CadelCette coproduction de Candide, qui a été donnée au Capitole de Toulouse le mois dernier, et précédemment créée au Festival de Glimmerglass, est une véritable bénédiction en ces jours froids et déprimants. On en ressort revigoré, le sourire aux lèvres et de la musique plein la tête.

Cela n’est pas uniquement dû au conte à la fois drolatique et cruel inspiré de Voltaire, qui trouve encore de nos jours une résonance dans l’actualité, ni à la musique enlevée de , bourrée de références de toutes sortes, empruntant au tango, au swing, à la valse et même à la gavotte, pour former une œuvre savante et à la fois alerte, un de ces musicals dont seule l’Amérique a le secret. Non, ce n’est pas tout, car le reste est à l’avenant, à commencer par la mise en scène virevoltante de . Celle qui nous avait plus ou moins habitués à de lourdes et grandioses productions à l’Opéra de Paris, d’énormes choux à la crème, fait ici le choix de la légèreté et de l’humour. Deux escaliers, des passerelles, des praticables forment le décor unique, auquel sont adjoints quelques accessoires pour évoquer les nombreux lieux de l’action : une toile tendue suffit à figurer un navire, un lustre une maison de passe, un simple banc se transforme en pirogue, le tout magnifié par les lumières habiles de Mark Mc Cullough. Tout va très vite, réglé comme un mécanisme d’horlogerie parfaitement huilé.

Les costumes inventifs de Jennifer Moeller sont pleins d’humour, et font la part belle aux plumes et aux paillettes. On avouera un faible coupable pour les hilarants moutons rouges qui peuplent l’Eldorado. La chorégraphie d’, quant à elle, est enlevée, et parfaitement intégrée à l’action.

À ce propos, la véritable vedette du spectacle, ce sont les artistes du chœur. Mêlés au membres du ballet, qui eux aussi poussent la voix, il dansent comme de vrais pros, au point qu’on ne peut pas déterminer à l’œil nu qui sont les uns et qui sont les autres. C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de cette production, la cohésion de l’ensemble de la troupe est magnifique. Chacun se fait acteur, chanteur, voire machiniste au gré des situations, sur un plateau de ce fait toujours animé et en mouvement.

On tire ainsi par exemple notre chapeau au ténor dans le rôle-titre, qui ne quitte pas la scène tout au long de ces deux heures de spectacle, voix plaisante, comédien habile, qui participe à l’action même quand il n’a rien à chanter, avec une plaisante composition de héros naïf et lunaire.

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La distribution, très jeune, est la même que celle de la création à Glimmerglass en 2015, et est issue de l’univers de l’opéra, plutôt que du music-hall. Ils sont doués, dotés d’un engagement sans faille, et aussi bons chanteurs qu’acteurs. Hors le héros déjà cité, on retiendra le beau baryton de , et la basse bien timbrée de .

est peut-être un peu jeune pour se mesurer à Cunégonde, et surtout au crucifiant « glitter and be gay » dont bon nombre de coloratures chevronnées ont fait leur cheval de bataille, mais elle a de la volonté et du cran.

en Pangloss, dans la célèbre jaquette rouge de Voltaire (le clin d’œil est presque trop facile) a plus à dire qu’à chanter, mais sa prestation est à mourir de rire. De la même façon, est certainement meilleure actrice que cantatrice, mais elle assure son « tango de la vieille » avec beaucoup de chien. est une Paquette à la voix pointue, mais possède tant de sex-appeal ! est un Cacambo plus que satisfaisant.

est un spécialiste de la comédie musicale, et il insuffle à l’orchestre tout son savoir-faire, dans un répertoire qui n’est pas habituel pour lui.

Magnifique ! On en redemande !

Crédits photographiques : © Karli Cadel, Patrice Nin

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Bordeaux. Opéra National. 22-I-2017. Leonard Bernstein (1918-1990) : Candide, Opérette comique en deux actes sur un livret de Lilian Hellman d’après Voltaire. Mise en scène : Francesca Zambello. Chorégraphie : Eric Sean Fogel. Lumières : Mark Mc Cullough. Décors : James Noone. Costumes : Jennifer Moeller. Avec : Andrew Stenson, Candide ; Wynn Harmon, Pangloss ; Ashley Emerson, Cunégonde ; Marietta Simpson, la duègne ; Christian Bowers, Maximillian / Révérend Père ; Kristen Choi, Paquette ; Matthew Scollin, Martin / Jacques ; Andrew Maughan, Cacambo ; Cynthia Cook, Baronne / Vanderdendur ; Brad Raymond, Grand Inquisiteur / Gouverneur ; Cole Francum, le roi de Bavière ; Brian Wallin, le rois d’Eldorado. Chœur de l’Opéra National de Bordeaux (chef de chœur Salvatore Caputo) ; Orchestre National Bordeaux-Aquitaine. Direction James Lowe.

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