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Horion de Malika Djardi, un duo étonnant et détonant

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Paris. Ménagerie de verre. 20-III-2017. Horion. Conception et chorégraphie : Malika Djardi. Avec Nestor Garcia Diaz et Malika Djardi. Assistants à la composition musicale : Nicolas Taite et Thomas Turine. Technique son : Benoit Pelé. Régie son : Clément Vercelletto. Création lumière : Yves Godin, La Bourette. Costumes : Ateliers de couture du Théâtre de Liège, Marie-Colin Madan, LFA Looking For. Conseils à la dramaturgie : Youness Anzane. Création 2016.

Horion, ou quand le geste se fait rythme, est une variation autour des coups signée de . La deuxième création de la jeune ,chorégraphe créée en mai 2016 aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis intègre les apports de sa double formation, entre chorégraphie et performance artistique. Mais si l’on assiste à une explosion détonante d’énergie et de sons, les percussions entêtantes deviennent assourdissantes et le principe de répétitivité des mouvements sur lequel est fondé la création rythmique, lassant.

Horion @Loic Benoit(1)L’émission et la production de sons est au cœur de la pièce de . Et le ton est donné dès l’introduction. Le studio est plongé dans le noir pendant de longues minutes et seuls des bruits indéterminés de casse et de déchirure sur fond de souffle haletant envahissent l’espace. Un sentiment déstabilisant saisit alors le spectateur qui ne peut identifier la source de ces bruits. Cette performance sonore réalisée par les danseurs eux-mêmes est peut-être le premier coup porté au spectateur.

Après ces ténèbres chaotiques, dans une lumière crue et dans un silence retrouvé, les danseurs entrent en scène dans des combinaisons transparentes les apparentant à Adam et Eve des temps modernes. Et au commencement était non pas le verbe, mais le son. Le son inarticulé de la voix, les claquements de langue, le bruit des bâtons de bois et des coups sur le corps qui créent une musicalité primitive. Une forme de communication non verbale mais gestuelle et rythmique s’installe dans le couple car les sons se répondent. Tout fait bruit et devient rythme par la répétition des sons, des pleurs aux corps qui tombent et s’entrechoquent. Les danseurs s’emploient à (se) donner des coups, du sol aux poutres métalliques, avec leurs membres ou des outils, pour générer un rythme qui dynamise les corps en retour dans une spirale frénétique. Ça tape, ça frappe, ça claque et cette explosion est électrisante. Et parfois électronique. Les mouvements des danseurs frappent des capteurs au sol qui produisent une étonnante musique du geste.

La pièce recouvre également une forte dimension comique. Comiques de geste et de répétition s’unissent. Aux sons inarticulés répond une gestuelle désarticulée et une expressivité exagérée. Et le tout est souvent très amusant. Les visages grimaçants, les joues gonflées et les roulements d’yeux rappellent les masques tribaux et les gestes saccadés sont parfois ceux d’une parodie de danse primitive. La quête de nouveaux sons confine les gestes, les corps et même les costumes au grotesque : Malika Djardi fait des claquettes en sabots futuristes avec un tutu en tubes métalliques et son partenaire porte un métronome à la ceinture. Les corps de plus en plus détraqués finissent par se transformer en automates au tambour et la danse fait place à une sorte de transe mécanique.

Le rythme du spectacle, qui jusqu’au dernier quart d’heure était soutenu, implose alors et traine en longueur. La danse s’efface et seul le bruit assourdissant des percussions domine inlassablement jusqu’aux derniers coups, des coups de feu qui mettent un terme abrupt à la pièce. L’énergie communicative retombe et laisse place à un sentiment de lassitude face à la répétitivité des gestes et des sons. Malgré de bonnes trouvailles gestuelles, une belle énergie et une alliance plutôt efficace entre danse et performance sonore, la dernière impression est assommante, le coup de trop asséné au spectateur peut-être ?

Photo © Luc Benoit

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Paris. Ménagerie de verre. 20-III-2017. Horion. Conception et chorégraphie : Malika Djardi. Avec Nestor Garcia Diaz et Malika Djardi. Assistants à la composition musicale : Nicolas Taite et Thomas Turine. Technique son : Benoit Pelé. Régie son : Clément Vercelletto. Création lumière : Yves Godin, La Bourette. Costumes : Ateliers de couture du Théâtre de Liège, Marie-Colin Madan, LFA Looking For. Conseils à la dramaturgie : Youness Anzane. Création 2016.

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