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Symphonies de chambre de Weinberg par Gidon Kremer

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Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Intégrale des Symphonies de Chambre. Quintette pour cordes et piano. Kremerata Baltica, direction : Gidon Kremer. 2 CD ECM. Durée : 79 et 78 min.

 

Après un double album comprenant sonates, trios et la Symphonie n°10 de , sorti en 2014 pour ECM, et sa poursuivent l’aventure en livrant un nouveau double-CD dans l’ensemble convaincant, intégrant cette fois l’intégralité des Symphonies de chambre du compositeur, ainsi que son Quintette avec piano opus 18.

28948146079Parce qu’il est trop proche de lui en termes de sonorités et d’atmosphères, le Polonais , né en 1919, n’aura certainement jamais la même renommée que son aîné de quelques années Dimitri Chostakovitch, ami à vie à partir des années 1940. Pour autant, ses œuvres sont loin d’être négligeables et son catalogue pléthorique, tant en termes d’opéras que d’ouvrages symphoniques ou chambristes, mérite largement d’être connu. Il est défendu avec cette nouvelle parution pour ECM par un grand défricheur du répertoire de la seconde moitié du XXe siècle, .

Étonnamment, et alors que les trois premières des quatre Symphonies de chambre sont incorporées au premier CD, la n°3 opus 151 est présentée en première position. L’ambiance pensive du premier mouvement y rappelle à la fois les adagios de Chostakovitch, mais aussi les phrases glacées d’un autre symphoniste de la période, Miaskovski, de plus en plus dépressif à mesure que sa vie avance, là où chez Weinberg les sonorités restent dans des penchants réflexifs liés aux problèmes de l’URSS de l’époque, sans tomber dans la pure névrose musicale. Exclusivement pour cordes, cette Troisième Symphonie est superbement maintenue dans l’austérité pendant le Lento initial par Kremer et son ensemble, avec des micros relativement proches mettant bien en avant les graves des violoncelles et des contrebasses du côté droit. L’Allegro Molto plus dynamique manque peut-être de couleur, mais convainc toujours dans les graves, tout comme l’Andantino final grâce au soutien des violons par les pizzicati des autres cordes.

L’introduction de la Symphonie n°2 op 147, placée en deuxième position sur le premier CD, est donnée par un coup de timbale, montrant que l’on a changé d’œuvre et que cette pièce, si elle est toujours écrite pour une formation de chambre, comprend cette fois autre chose que des cordes. La dynamique y est bien présente, mais il y manque une certaine tension, et surtout une sous-tension, en partie parce que la formation orchestrale est trop petite pour le permettre, mais aussi certainement car cela n’est pas totalement recherché par les artistes ici. Le troisième et dernier mouvement et la place faite au violoniste principal ressortent comme le moment le plus intéressant de l’œuvre.

L’Allegro de la Symphonie n°1 opus 145, placée dernière, retrouve une belle énergie, avant un Andante dont le retour à une atmosphère évasive intéressera particulièrement, tandis que la Symphonie n°4 opus 153 sur le second disque ramène à une atmosphère sensible par son Lento introductif. L’Allegretto revivifie la , vite calmée par l’Adagio à nouveau très froid, superbement tenu par la clarinette, également bien présente dans l’Andantino final avec son faux thème joyeux ressortant à peine des nappes de glace des cordes.

En complément, le Quintette pour Piano op. 18 trouve de beaux interprètes sur cet album, mais cette fois la concurrence est rude, car autant pour les Symphonies de chambre on connaissait aussi et surtout les versions de Thord Svedlund, par deux fois avec des orchestres suédois, Umeå chez Alto et Helsingborg chez Chandos, autant pour ce quintette, la version de 1963 avec le compositeur lui-même au piano accompagné du Quatuor Borodine (Melodiya) est une référence absolue, non égalée par Kremer.

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Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Intégrale des Symphonies de Chambre. Quintette pour cordes et piano. Kremerata Baltica, direction : Gidon Kremer. 2 CD ECM. Durée : 79 et 78 min.

 
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