Violon ancien contre violon moderne par Philip Draganov

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La bataille du violon. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita n°2 BWV 1004 ; Sonate n°3 BWV 1005. Eugène Ysaÿe (1875-1925) : Sonate n°3 « Ballade ». Philip Draganov (violon). 1 CD Solo Musica. Enregistrements réalisés en novembre 2015, mars et juin 2016. Notice bilingue : anglais et allemand. Durée : 62’35.

 

The-Violin-BattleConfronter les violons anciens dus aux luthiers les plus réputés de Crémone et les instruments modernes n’est pas une idée nouvelle, mais pour que la comparaison ait un sens, encore faut-il que les instruments choisis soient exceptionnels et que l’interprète sache en tirer le meilleur. Ce n’est malheureusement pas le cas de ce disque plutôt décevant.

La comparaison entre les violons des luthiers de Crémone et les instruments modernes fait figure de « marronniers » de la presse plus ou moins spécialisée dans le domaine musical. Régulièrement, des auditions à l’aveugle s’efforcent de démontrer que la réputation des Guarnerius et autres Stradivarius est usurpée et que les luthiers d’aujourd’hui font aussi bien, si ce n’est mieux. Mais les grands virtuoses restent fidèles aux violons anciens.

C’est de cette interrogation récurrente qu’est née l’idée de confronter deux grandes œuvres de Bach jouées sur un violon italien du XVIIIe siècle (dû à Thomas Balestieri, un élève de Stradivarius), et la troisième des six sonates d’Ysaÿe jouée sur un violon moderne de Stefan-Peter Greiner. Curieux choix parce que le violon italien n’est pas apparemment monté à l’ancienne et qu’à l’audition la différence avec le violon moderne n’éclate pas vraiment, curieux surtout parce que l’interprétation de ne s’impose pas vraiment. Les Bach ne sont pas absolument impeccables techniquement (la justesse laisse même parfois franchement à désirer dans la redoutable fugue de la Sonate BWV 1005) et subissent parfois des ornementations inusuelles mais pas forcément convaincantes.

La magnifique sonate d’Ysaÿe n’a pas, loin s’en faut, le souffle visionnaire des grandes versions signées Kremer, Korcia, Zehetmair, ou encore Bartek Niziol justement sur un Guarnerius (clef ResMusica). Et la discographie de la deuxième Partita de Bach et de sa célèbre chaconne est tellement considérable et riche en versions de génie qu’on s’interroge franchement sur la nécessité d’un tel disque. Et comme les instruments retenus ne possèdent pas non plus une personnalité sonore qui fournirait de quoi retenir notre attention de façon indiscutable, on oublie vite une démonstration aussi peu convaincante pour l’auditeur.

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