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Les concertos de Zara Levina par Maria Lettberg et Ariane Matiakh

À emporter, CD, Musique symphonique

Zara Levina (1906-1976) : Concertos pour piano n° 1 et n° 2. Maria Lettberg, piano. Rundfunk-Sinfonieorchester, direction : Ariane Matiakh. 1 CD Capriccio. Enregistré à la RBB Saal à Berlin en avril 2016. Notice en allemand et anglais. Durée : 56’18.

 

Concerto Zara LevinaLa nouvelle parution des deux concertos pour piano de chez Capriccio remet en avant une artiste dont les qualités d’écriture ne peuvent prendre le dessus sur un style trop proche de celui de . Extrêmement bien défendues par les artistes du présent enregistrement, les œuvres sont à réserver aux passionnés du maître russe, curieux d’entendre ce que l’on a pu composer autour de ses concertos quelques décennies plus tard.

Pour faire un parallèle avec la peinture, est à Rachmaninov ce que László Moholy-Nagy est à Piet Mondrian. On ne peut donc parler de copie pure, ni encore moins de plagiat, mais l’inspiration du maître sur le disciple est tellement évidente que l’intérêt ne peut qu’être celui de la curiosité face à l’influence d’un génie. Le Concerto pour piano n°1 de Zara Levina date de 1942, soit cinquante-deux ans après le premier de Rachmaninov, et si les arpèges initiaux impliquent déjà forcément la figure tutélaire du russe, le premier accord de cordes en est presque caricatural tant il ne propose rien d’autre que Rachmaninov. Le second mouvement, Andante, offre un beau moment de calme et de réflexion et prouve une maîtrise du matériau orchestral comme soliste, particulièrement bien développé ici par la pianiste , considérée à juste titre comme une spécialiste du répertoire russe de piano et plus particulièrement de Scriabine.

Le dernier mouvement Allegro retrouve une dynamique et un côté burlesque avec l’utilisation de la clarinette basse, qui n’est pas sans rappeler certaines pièces des russes Prokofiev et Chostakovitch, influences moins flagrantes mais également évidentes de Zara Levina. En plus de profiter du toucher habile et jamais trop appuyé de Lettberg, bien installé dans ce qu’il doit à l’école russe, ce premier concerto comme le second présenté ensuite sur cet enregistrement, s’accorde à la baguette d’ et à un chaud dans les nappes de cordes qu’il déploie en plus d’être toujours juste dans les bois et les cuivres, notamment la trompette bouchée. D’une vingtaine de minutes à peine, cette seconde pièce de 1975 cherche une atmosphère plus sombre et plus mystérieuse, là encore parfaitement gérée par les deux femmes de l’album, chef comme pianiste, sans pourtant réussir à passionner dans des partitions impossibles à confronter aux plus grandes pièces concertantes du XXe siècle.

Ce disque très bien interprété est à réserver aux spécialistes de la période, aux plus curieux ou aux blasés de la musique de Rachmaninov cherchant à retrouver le compositeur à travers d’autres œuvres du même style.

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