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Quatrième volet du projet Bach en sept paroles de l’Ensemble Pygmalion

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Grande salle de l’Arsenal. 23-I-2018. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : cantate BWV 103 « Ihr werdet weinen und heulen », cantate BWV 105 « Herr, Gehe nicht ins Gericht », cantate BWV 199 « Mein Herze schwimmt im Blut », cantate BWV 25 « Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe »; Johann Michael Bach (1648-1694) : motet « Unser Leben währet sibenzig Jahr ». Sabine Devieilhe, soprano ; Benno Schachtner, contre-ténor ; Reinoud Van Mechelen, ténor ; Peter Harvey, basse. Ensemble Pygmalion, direction : Raphaël Pichon.

Pygmalion_cop_PiergabEn dépit de l’aspect un peu noir du thème « Châtiments » mis en avant, c’est une interprétation lumineuse qui a marqué cette nouvelle sélection de cantates de Bach.

Après « Lumières », « De passage » et « L’appel », c’est au tour du thème « Châtiments » de constituer le nouveau volet du grand projet « Bach en sept paroles » initié par Raphaël Pichon et l’Ensemble Pygmalion. Mettant en exergue l’angoisse du pécheur, comme cela est notamment le cas de la cantate BWV 105, ou encore le sentiment de repentance de la cantate pour soprano solo BWV 199, le programme frappe par sa cohérence thématique et musicale. Les BWV 199 et 25 de la deuxième partie sont données d’un seul tenant, tout juste séparées par le superbe motet de « Unser Leben währet sibenzig Jahr », et cela sans la moindre interruption et sans le moindre applaudissement. Libérées de tout excès de la religiosité qui marque encore l’interprétation de certaines œuvres du cantor de Leipzig, les pièces retenues au programme accentuent la dimension humaine du texte, entraînant le public au cœur des méandres et des tourments tortueux de l’âme. C’est toute la dimension universelle et humaniste de la musique de Bach qui ressort, avec le message d’espoir et de lumière porté par une série de partitions dont on aura plus que de coutume goûté, au-delà du jeu et du poids des conventions de l’écriture du genre, l’incroyable richesse et l’inouïe diversité.

Il faut dire que la lecture magistrale de l’ y est pour beaucoup dans ce travail de décapage et de redécouverte, et l’on aurait presque envie de nommer tous les instrumentistes, du théorbe de à la flûte de , tant le mérite semble revenir en grande partie à l’esprit de groupe et de communion qui anime les interprètes. Les quatre solistes n’hésitent d’ailleurs pas à enrichir le chœur dès lors que cela est nécessaire. C’est également du chœur qu’émerge le sublime solo d’alto qui illumine le motet de . Des quatre solistes, c’est évidemment , du fait de la présence de la cantate « Mein Herze schwimmt im Blut », qui fait la plus grande impression. Elle aura captivé le public par la fraîcheur de son timbre et par la noblesse de ses phrasés, qualité rare chez une voix si légère. Tout autant convaincant est le ténor , chanteur au timbre éclatant et à la diction impeccable. En dépit de leur immense musicalité, l’alto et la basse ont cependant fait valoir des moyens quelque peu usés ou fatigués. Un mot encore sur , le grand maître d’œuvre du projet, pour dire à quel point sa direction, avec ses cuivres resplendissants, son théorbe sensuel, ses cordes chantantes, ses bois virtuoses, aura à la fois bouleversé et émerveillé le public de l’Arsenal de Metz. On attend les trois prochains volets avec la plus grande impatience.

Crédit photographique : © Piergab

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